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Nadia a posé une valise sur un fauteuil depuis des jours. Elle la remplit, la vide, puis la nettoie de nouveau et la remplit encore. Cette valise est devenue l’incarnation d’un choix compliqué mais déjà pris. Elle veut quitter l’Italie, sa seconde patrie, après 16 ans de résidence dans la vallée du Pô et avec la citoyenneté italienne en poche.

Maintenant, tout le monde veut partir – dit Nadia – parce qu’il n’ y a plus rien à faire ici. Seulement le travail irrégulier et zéro droit. Depuis dix ans, je travaille clandestinement comme cuisinière dans un restaurant, à 6 euros de l’heure. Aujourd’hui, je me suis brûlée la main et je suis à la maison sans protection ni argent. Je n’existe pas. Prendre cette décision est un devoir pour nos enfants, qui n’auront certainement pas notre patience. C’est pour leur donner une meilleure chance que la nôtre, maintenant que nous ne sommes pas trop vieux pour une seconde émigration. Ce sera soit aujourd’hui, alors qu’ils sont encore petits, soit jamais” dit la femme en ajustant son foulard sur sa tête.

Parce que nous ne pouvons garantir un avenir à nos enfants – dit Fatima – et que nous ne voulons pas devenir des citoyens de seconde zone. S’il y a une leçon que nous avons apprise, ces dernières années en Italie, c’est que si déjà les jeunes Italiens ne parviennent pas trouver du travail après l’obtention de leur diplôme alors ce sera encore pire pour nos enfants, qui sont d’origine étrangère, musulmans et sans recommandations. C’est malheureusement la réalité des faits“, dit Fatima, qui s’apprête aussi à partir pour Lyon, n’attendant que l’été, une fois l’école terminée.

Savez-vous que la famille de Bouchaib est partie?”), mais c’est une réalité qui est également confirmée par les données de la Fondation Leone Moressa. Au cours des 8 dernières années, les immigrants enItalie ont diminué de 48% (de 527.000 à 273.000 arrivées), tandis que les émigrations ont presque triplé (passant de 51.000 à 145.000, soit une augmentation de +184%).

L’ancienne génération de la communauté? Ils sont tous partis. Des familles sont rentrées au Maroc, mais la majorité surtout en France – dit Abderrahim Bastajib, représentant du centre islamique du Val d’Aoste – ce sont au moins 200 familles que je connais et qui ont déménagé de la région du Val d’Aoste vers des villes comme Chamonix”.

La Stampa

Merci à Yuri

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