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08/12/17

Mysonne n’est pas tout à fait d’accord avec la vidéo ‘I’m Not Racist’ et a donc laché un couplet afin de donner son point de vue


30/11/17

Le jeune rappeur américain Joyner Lucas lève le voile sur les problématiques communautaires aux États-Unis. Dans son dernier clip, partagé sur sa page Facebook et sur YouTube mardi 28 novembre, le rappeur de 29 ans prête sa voix à deux personnages qui s’affrontent dans une confrontation verbale. Ces deux protagonistes ne sont autres qu’un militant pro-Trump –casquette “Make America great again” vissée sur la tête- et un jeune Afro-américain.

En moins de 48 heures, la vidéo a été visionnée plus de 24 millions de fois sur Facebook et cumule plus de 2 millions de vues sur YouTube. La cause de ce succès viral? Sans doute ce dialogue sans concession mis en scène entre deux Américains que tout ou presque semble opposer.

Dans le premier couplet de “I’m not racist”, le militant pro-Trump lance les hostilités par: “Avec tout mon respect, je n’ai aucune pitié pour les négros”. Puis, dans un flot de paroles ultra-violent, le militant n’hésite pas à décrire les Afro-Américains comme des gens fainéants, préférant ne pas travailler légalement et vendre de la drogue ou attendre les aides financières de l’État. “Tu es fainéant comme pas deux, tu préfères vendre de la drogue plutôt que de travailler et d’être quelqu’un de droit / Alors tu tournes en rond et tu te plains du taux de pauvreté? Tu te fous de ma gueule!” vocifère-t-il face au jeune Afro-Américain qui ne va pas attendre longtemps avant de lui répondre.

À la fin du couplet du militant pro-Trump, c’est au tour du jeune Afro-Américain de livrer sa vision de l’Amérique actuelle et du racisme ambiant qu’il y règne. Il n’hésite notamment pas à expliquer à son adversaire que le mot “nigga” -pour “négro”-, n’est pas bien vu lorsqu’il sort de la bouche d’un Blanc. “Nous ne devrions pas le dire, mais nous le faisons, c’est un fait. Mais cela ne signifie pas que tu peux le dire juste parce que tu as des amis noirs. ‘Nigga’, ce mot a été crée par vous pour nous sous-classer, et quand nous l’utilisons, nous savons que c’est juste pour se saluer. Quand nous l’utilisons, nous savons qu’il y a un double-sens, et même si je n’ai pas personnellement travaillé dans les champs de coton, cela ne signifie pas que l’Histoire ne me concerne pas. Ma grand-mère était esclave, cette merde m’a concerné.”

Cette réponse est le signe que les deux protagonistes sont prêts à entrer dans la confidence, à se connaître un peu mieux l’un et l’autre. Les dernières paroles sont même une incitation au dialogue, ouvrant la voix au vivre-ensemble plutôt qu’à l’affrontement entre deux citoyens d’un même pays. “Nous pouvons nous entendre l’un et l’autre mais cela prendra du temps. Je ne suis pas raciste, c’est comme si l’on vivait dans le même immeuble mais qu’il était séparé en deux. Je ne suis pas raciste, mais il y a toujours deux versions à une histoire et maintenant tu connais la mienne.”

Pour clôturer ce clip, Joyner Lucas ajoute un panneau où il est écrit blanc sur noir: “Nous étions tous humains avant que nos origines nous déconnectent, que la religion nous sépare, que la politique nous divise, et que la richesse nous classifie.”

Ce nouveau clip rentre dans la lignée des “Fuck Donald Trump” sorti en avril 2016, du freestyle anti-Trump d’Eminem ou encore de la chanson “DNA” de Kendrick Lamar qui utilisait quasiment la même mise en scène.

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