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Dans l’île majoritairement chrétienne depuis le XIXe siècle, musulmans modérés et acteurs économiques ne cachent pas leur inquiétude face à la propagation sourde de l’islamisme. Ils sont consternés par les progrès du salafisme dans les Comores voisines.

(….) Soudain, en descendant vers la mer, on tombe sur le minaret blanc d’une mosquée défraîchie, auquel est accolé un immeuble tout neuf de béton gris, dans lequel disparaît en nous voyant une furtive silhouette en abaya noire. C’est, à côté de la mosquée de Vatomasina («de la Pierre sacrée»), payée par la Libye de Kadhafi en 1990, la toute nouvelle «École islamique de la réussite». Propre, le bâtiment surplombe de loin un terrain de football municipal poussiéreux, bordé de boutiques branlantes, où des garçons en guenilles, rigolards, slaloment, entre les détritus, derrière un ballon à moitié dégonflé.

(…) Nadeem n’a pas conservé un bon souvenir du principe d’égalité hommes-femmes que s’efforce de poursuivre la République française. Pour lui, les femmes sont «complémentaires de l’homme ; elles ne sont pas égales à l’homme». Ce jeune directeur de madrasa ne comprend pas la récente décision saoudienne d’autoriser les femmes à conduire: «Bien sûr que les femmes sont techniquement capables de conduire une voiture ; mais c’est la liberté qui leur est ainsi donnée qui pose problème. Car les femmes ne savent pas bien gérer leur liberté…»

À Madagascar, île majoritairement chrétienne depuis le XIXe siècle, les entrepreneurs des secteurs touristique et agroalimentaire ne cachent pas leur inquiétude face à la propagation sourde de l’islamisme chez eux. Ils sont consternés par les progrès du salafisme dans l’archipel voisin des Comores. Ils s’interrogent sur le sens de la prolifération des mosquées et madrasas sauvages, aussi bien sur la côte sud-est que celle du nord-ouest, entre Diégo Suarez et Mahajanga. Sous couvert d’anonymat, ils critiquent le «laxisme et l’inconscience» de l’administration du président actuel Hery Rajaonarimampianina. «À cause de la corruption, ils laissent entrer n’importe qui dans le pays», se plaint un hôtelier de Manakara. «Le jour où ils découvriront dans la brousse ou la montagne des camps d’entraînement pour djihadistes, il sera trop tard!»

Le Figaro

Merci à valdorf

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