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Les agresseurs de personnes âgées, début 2012, dans le Luberon, mettent en cause l’influence d’un “caïd” qui aurait tout orchestré

Près de six ans après les faits, les victimes de la série de vols à main armée reprochés à Mustapha El Kadari, Monaim et Abderrahim Boudchar, sont toujours sous le coup d’une intense émotion qu’ils ont exprimé, hier, devant la cour d’assises d’appel du Gard. La violence de l’agression subie à leur domicile est palpable et a fait d’importants dégâts, bouleversant des vies.

C’est ainsi que le couple victime du premier home-jacking -contesté par les accusés- le 1er janvier 2012, à Saint Saturnin les Apt, n’a pu revenir dans la ferme familiale. L’un des fils indique à la Cour que son père, âgé de 89 ans, après un séjour de trois mois en maison de repos, vit dans une maison de retraite car il n’était plus possible pour lui de rentrer chez lui. Sa mère, fortement éprouvée, qui présentait déjà des troubles cognitifs, a vu son état de santé s’aggraver et elle est décédée quatre ans après, en 2016, sans jamais avoir pu revenir dans la maison où elle était née.

C’est avec les deux fusils volés dans cette maison, et un revolver, que les braqueurs ont commis trois vols à main armée. Dès le lendemain, ils frappent à Joucas au domicile d’une famille anglaise qui venait de s’installer dans cette propriété. Ne trouvant pas l’argent qu’ils espéraient l’un des braqueurs fait, le tour des distributeurs de billets à Gordes et Coustellet pour retirer 4100€, avec le père de famille. Après ce vol, la famille va multiplier les systèmes de sécurité avant de se résoudre à vendre la maison devenue pourtant une “forteresse”. C’est ensuite un couple d’agriculteurs qui est ciblé à Saint-Martin de Castillon. “Pourquoi chez nous”, questionne la victime qui n’aura pas la réponse espérée. Leur maison est isolée, ils vendent un peu de truffes… Mais, le couple et leur fille ne disposent pas d’importantes liquidités et se heurtent à la détermination d’un des agresseurs qui, d’entrée de jeu, assène à l’agriculteur un coup de crosse à la tête car il a tenté de se saisir d’un fusil. La blessure nécessitera sept points de suture. La fille du couple aura un fusil pointé dans le dos puis sur la tempe…

Face à la cour et aux jurés, le père de famille dit que ce braquage a “chamboulé complètement ma vie qui a basculé”. Son épouse, qui aujourd’hui n’est “apaisée que lorsqu’elle est barricadée”, a été gravement malade après l’agression et conclut en ces termes un courrier à la Cour d’assises : “Aujourd’hui, ils défendent leur vie. La mienne, ils l’ont déjà détruite”.

Et puis il y a la dernière attaque. La “cible” est une agricultrice à la retraite âgée de 81 ans. “Bousculée” par l’un des braqueurs elle s’est fracturé le tibia et aura peur d’appeler les secours en raison des menaces. C’est l’infirmière qui appelle les gendarmes le lendemain matin. L’octogénaire, qui, elle aussi, n’a jamais pu retourner chez elle, est décédée en juin 2013.

Face à cette terrible réalité les accusés se positionnent en… victime des événements. Ce qui pousse les parties civiles à quitter la salle d’audience tant le discours leur est insupportable.

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La Provence

Merci à Marie Salers

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