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Le Livret A constitue la voie d’accès aux services bancaires des migrants en France. La réforme préconisée par la Cour des comptes des outils qui assurent l’accessibilité bancaire devra en tenir compte.

«Disposer d’un RIB est indispensable pour prétendre à la couverture maladie universelle (CMU)», atteste la responsable d’un centre d’hébergement de demandeurs d’asile qui regrette qu’on ne puisse se passer de cette formalité puisque les bénéficiaires de la CMU n’ont pas à avancer leurs frais de santé.

Nouvelle réforme en vue pour le Livret A ? En partant du constat que le placement populaire est surtout plébiscité pour l’accès gratuit qu’il garantit aux guichets de la Banque Postale, la Cour des comptes préconise dans un rapport publié ce mois de revoir l’arsenal de mesures qui garantissent l’accès au système bancaire aux personnes les plus fragiles financièrement.

L’objectif ? diminuer l’usage du Livret A « comme quasi-compte bancaire » de ceux qui détiennent déjà un compte en banque et encourager l’usage d’outils plus adaptés. De fait, la mise à disposition du placement à toute personne qui en fait la demande à la Banque Postale ainsi que l’octroie de retraits en espèces à ses guichets à partir de 1,5 euros (comme le prévoit la loi) se révèle de plus en plus coûteux et incertain juridiquement vis-à-vis de Bruxelles.

Mais le sujet – la Cour en est consciente – promet d’être complexe car l’usage de ce placement réglementé révèle parfois une impossibilité d’accéder autrement à des services bancaires traditionnels. En atteste l’expérience des migrants qui se sont massivement tournés vers le Livret A ces dernières années.

Bien souvent incapables de disposer des bons documents d’identité pour se voir ouvrir l’accès à un compte en banque, les demandeurs d’asile ont été aiguillés par les associations vers cet outil de bancarisation simple fourni par la Banque Postale. Et celle-ci s’est organisée pour les accueillir.

«Tous les conseillers bancaires de notre bureau ont été formés pour réaliser des entretiens et passer outre la barrière de la langue. 90% des entretiens sont fait en anglais», détaille Frédéric Quilgars, directeur du plus grand bureau de Poste de Nanterre qui accueille entre 10 et 20 demandeurs d’asile chaque lundi. Globalement, la filiale de La Poste a désigné près de 110 bureaux référents en France pour accueillir ces populations. Un nombre qu’elle fait évoluer en fonction des besoins de l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration). […]

Les Echos

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