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INTERVIEW – Pour célébrer l’anniversaire du spectacle créé en 1977, Le Figaro et Le Figaro magazine ont rencontré son fondateur, qui revient sur cet incroyable projet, récompensé pour la deuxième année d’un «Oscar» de la meilleure création mondiale à Los Angeles.

Le Figaro Magazine – Comment est né le Puy du Fou?

Philippe de Villiers – Depuis longtemps, je voulais rendre hommage à cette terre de Vendée à qui je dois tant. Je rêvais d’écrire un grand récit allégorique avec des acteurs, de la musique, de la lumière. Un grand film de plein air. Je songeais alors à Amarcord de Fellini ou L’arbre aux sabots d’Olmi. Je cherchais un lieu puissant, un lieu qui parle. Le 13 juin 1977, un peu hasard, j’ai garé ma vieille 4 L devant le porche et je suis entré dans la cour du Puy du fou et j’ai découvert la ruine. J’ai appris très vite que ce château Renaissance dessiné par Le Primatice avait été brûlé par les colonnes infernales de Turreau en 1794. J’avais trouvé ce que je cherchais.

Comment expliquez-vous cette incroyable réussite?

Le 16 juin 1978, pour la première de la cinéscénie, il y avait 300 acteurs sur scène. Quarante ans plus tard, ils sont plus de 2000, acclamés chaque soir par un public toujours plus nombreux. Sur la saison 2016, le Puy du Fou a battu son record de fréquentation avec près de 2,2 millions de visiteurs, soit 100 000 de plus par rapport à 2015. Au-delà de l’extraordinaire mobilisation de tous les bénévoles sans qui rien n’existerait vraiment, je crois que c’est le surtout besoin d’histoire et d’enracinement des Français qui explique une large part de notre succès. Contre toute attente et là où personne n’y croyait, la modernité du Puy du Fou est aujourd’hui totale. Les Américains ne s’y sont pas trompés. Pour la deuxième année consécutive, le parc a reçu un Thea Award. Cet «Oscar» de la meilleure création mondiale, considéré par les professionnels comme la récompense suprême de ce secteur d’activité, a été attribué à notre spectacle «Le dernier Panache».

Quels ont été, pour vous, les moments les plus forts de la vie du Puy du Fou?

Ils sont si nombreux… Mais, je pense souvent au 23 septembre 1993: Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne et son épouse Natalia venaient alors d’arriver ici des États-Unis où ils étaient en exil. Après avoir assisté à la cinéscénie, il a déclaré: «dans les années qui viennent les Français seront de plus en plus nombreux à admirer la résistance et le sacrifice de la Vendée.» Ce fût, pour moi, un instant fondateur. Et puis comment ne pas songer au 20 mars 2016 et au cortège organisé pour célébrer l’arrivée de l’anneau de Jeanne d’Arc, racheté aux Anglais. Un moment d’émotion intense qui, ce jour-là, charge le Puy du Fou d’une nouvelle dimension symbolique: il devient un des hauts lieux de la mémoire vivante de la France.

Le Figaro

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