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L’Europe est confrontée à un nouveau défi migratoire venu d’Afrique, avec un déferlement de réfugiés économiques.

Le défi migratoire est aussi l’affaire d’une génération: en 2050, l’Afrique aura doublé sa population pour atteindre 2,5 milliards d’habitants, le quart de la planète. Il y a peu de chance que la croissance y rattrape la démographie.

Comme à chaque printemps, les trois compteurs de l’exode migratoire, de la honte en Méditerranée et des récriminations entre Européens virent au rouge. En Italie, les débarquements de migrants sont en hausse de plus de 40 %, soit 61.234 hommes, femmes et enfants depuis le début de l’année. Au 9 juin, les naufrages avaient fait 1 622 noyés, morts ou disparus, d’après l’Organisation internationale des migrations. Comme souvent l’UE y trouve matière à des règlements de comptes internes, plutôt qu’à des réponses décisives ou simplement concrètes.

En 2015, Angela Merkel et ses partenaires européens avaient conclu une année calamiteuse en fermant la route des Balkans, puis en obtenant de la Turquie qu’elle barre la mer Égée aux réfugiés de guerre, essentiellement syriens. Un bon million était déjà passé. En 2016, les Vingt-Huit ont voulu désamorcer l’autre déferlement migratoire – économique celui-là – venu d’Afrique. Ils ont tenté d’appliquer la recette turque à la Libye, plaque tournante des routes d’émigration qui partent de l’Ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Nigeria) et de la Corne de l’Afrique.

Dans l’affaire, Ankara s’est révélé comme un partenaire exigeant, mais fiable, à la surprise de beaucoup. C’est précisément ce qui fait défaut à Tripoli. La «bombe» africaine reste pour le moment sous contrôle, mais la mèche est allumée. La «bombe» africaine reste pour le moment sous contrôle, mais la mèche est allumée. Elle risque à tout moment d’exploser, avec son cortège de misère humaine et de retombées politiques. En Europe, les gouvernements respirent après les revers de l’extrême droite xénophobe. Mais ils auraient tort de détourner le regard. […]

Le Figaro

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