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Dans ce village du sud de la Gironde, département ancré à gauche, « Marine » a réalisé des scores inédits à la présidentielle. Le Front national y voit une brèche dans un territoire à conquérir.

A Belin-Béliet, village de 5 000 habitants du sud de la Gironde, tout le monde croyait se connaître. Mais le lendemain du premier tour de la présidentielle, une partie de la population en a découvert une autre : celle qui a voté Marine Le Pen. Pour la première fois, la candidate du Front national (FN) est arrivée en tête dans cette commune avec 24,86 % des voix, et elle a même atteint 41,88 % au second tour face à Emmanuel Macron.

« Ce chiffre m’a dépitée », admet la maire (divers droite) Marie-Christine Lemonnier, l’air grave, mains jointes posées sur son bureau. Derrière elle, quelques photos bucoliques égayent le cadre austère. Deux semaines après, elle cherche toujours à comprendre.

Certes, Belin-Béliet est un territoire rural où tout n’est pas parfait : c’est une ville-dortoir, les transports pourraient être plus nombreux pour rejoindre Bordeaux et Arcachon – à une heure de route –, il n’y a ni collège ni lycée sur place, et les nouveaux arrivants, de jeunes couples avec enfants venus en nombre acheter un terrain à bas prix pour y construire leur maison, ne trouvent pas à la campagne les infrastructures auxquelles ils sont habitués.

Mais « tout ça n’explique pas pourquoi les gens ont voté FN », poursuit l’élue. Elle est convaincue qu’ils ont surtout été contaminés par « un discours décliniste exploité par les partis et relayé par les médias ».

Une poussée similaire a été observée dans les communes voisines, faisant de ce secteur celui qui étonne le plus sur tout le département de la Gironde, ancré à gauche.

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Le Monde

Merci à Manu

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