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Dans un éditorial, Paul Quinio, rédacteur en chef à l’Obs, estime que si les appels à barrer la route à l’extrême droite se sont multipliés depuis dimanche soir, “le poison de la banalisation et de l’habitude face au risque extrémiste menace“.

La gauche a échoué dans son combat moral contre le FN.

A l’issue de ce quinquennat, on aura vraiment tout essayé. Et le pari des Français en faveur du novice Macron n’aura alors été qu’une ultime station avant le désert frontiste, dans cinq ans, c’est-à-dire après-demain.

Comme une lettre à la poste. Il flotte en ce lendemain d’élection un parfum nauséabond d’habitude. Une atmosphère inquiétante de fatalité tranquille. Marine Le Pen s’est qualifiée pour le second tour de la présidentielle. Répétons-le : “Marine Le Pen s’est qualifiée pour le second tour de la présidentielle.” En France. Oui, en France. Il y a quinze ans, un certain 21-Avril avait déclenché un “Plus jamais ça” passionnel. Aujourd’hui, l’écho du jour d’après semble nous dire “Et alors ?”. Force de l’habitude. Triomphe de la banalisation. […]

Entre l’irruption citoyenne d’il y a 15 ans et la tonalité mécanique du non à Le Pen d’aujourd’hui, il y a un gouffre qui en dit long sur l’irrésistible ascension des thèses extrémistes, xénophobes et anti-républicaines dans le pays. Rappel : le FN a obtenu ce dimanche pour la première fois 20% des voix à une élection présidentielle. Et avec 7,6 millions d’électeurs, Marine Le Pen bat son père de 2,8 millions de voix. C’est énorme. C’est terrifiant. […]

Le Nouvel Obs

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