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Selon Karim Amellal, (enseignant franco-algérien à Sciences Po), l’existence d’une «question raciale» peut contribuer à expliquer pourquoi, malgré les dispositifs en faveur de l’égalité des chances, certaines personnes ne parviennent pas à percer le fameux «plafond de verre».

Dans une France dominée idéologiquement par les idées de l’extrême droite, où l’impact sur les consciences du terrorisme et de la « crise des réfugiés » est puissant, les fantasmes vont bon train.

La race est un tabou républicain et c’est bien ainsi. Nos politiques publiques ne peuvent pas être fondées sur le critère de l’origine ethnique. Celui-ci (qui correspond peu ou prou à la notion de « race » dans les pays anglo-saxons) est proscrit.

On ne peut pas compter la population en prenant en compte leur origine ethnique, ni leur religion d’ailleurs. On ne traite pas non plus, heureusement, les personnes à raison de leur « race », mais parce qu’ils sont de milieu social modeste ou bien qu’ils vivent dans des quartiers défavorisés.

La notion de minorités ethniques, ou raciales, est un impensé de la République. Mais voilà, en dépit de toutes les précautions prises, envers et contre la Constitution qui « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », la race existe. Du moins pour certains. Elle est un facteur d’inégalités. C’est ce que révèlent une nouvelle fois, hélas, les violences policières : la prégnance d’une question raciale qui demeure latente au cœur même de la République. Non parce que des individus revendiquent leur origine ethnique, mais parce que certains estiment que celle-ci doit être prise en compte. […]

Est-ce à dire qu’il faille raisonner en termes raciaux ? Bien sûr que non. Le traitement social, la lutte contre les inégalités sociales, doivent rester au cœur de nos politiques publiques. Les inégalités sont avant tout de nature sociale en France. Elles sont fondées sur les milieux sociaux, le patrimoine, les lieux de résidence, les statuts, notamment. Mais certaines inégalités ne sont pas que sociales et certains stigmates continuent d’alourdir ou de grever certaines trajectoires sociales. Peut-être faudrait-il au moins en avoir conscience.

Le Monde

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