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Membre actif de la communauté « voguing » parisienne, le jeune producteur de house fait vibrer les banlieues d’une énergie nouvelle, résolument queer. Avec une longueur d’avance ? Rencontre.

[…] « Cinq minutes 37 de house sensuelle, inspirée des dancefloors 90’s, avec son clip mettant en scène des « jeunes de banlieues » en perruques qui dansent, comme possédés, sur fond de barres d’immeubles et de voitures en flammes. La sexyness raffinée, l’extravagance des poses et la queen-attitude – on reconnaît l’esthétique entre mille : c’est celle du « voguing », cette danse née dans la communauté gay afro et latino- américaine du New York des années 70…

Mais que vient-elle foutre en 2016 dans les cages d’escaliers de nos cités franciliennes ? « Quand on dit que les jeunes de banlieues ne sont pas assez représentés, c’est faux. Il y a pas mal de films ou de chansons qui parlent d’eux. Mais personne ne parle de la vie de ces jeunes, noirs et homosexuels, que j’ai voulu montrer. »

Parce que Kiddy en connaît un rayon sur cette vie-là. Originaire d’une cité de Rambouillet, dans les Yvelines, lui aussi traînait en bas des immeubles, cachait du shit avec ses potes et tirait des trucs à l’étalage – mais il aimait les garçons. « Tous ces codes qui rendent ces gens très fiers de faire partie d’un quartier, quand tu es homosexuel, tu dois les abandonner. Tu es doublement en marge: en marge de la société parce que tu habites dans une cité, et en marge de ton propre quartier à cause de ta sexualité. Tu dois toujours te faire tout petit. Et si tu sors de ton placard pour assumer ton homosexualité, tu dois quitter là d’où tu viens. Tu ne peux jamais être complètement toi. » En portant l’héritage voguing issu des ghettos, il se met à rêver d’une réconciliation de ces minorités apparemment incompatibles. […]

Technikart

Merci à Mandarine

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