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C’est une fermeture qui laissera un goût âcre dans la gorge des accros au patrimoine français. Au second semestre de cette année, le britannique Imperial Tobacco, la maison-mère de la Société d’exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (Seita), doit fermer son usine de Riom. Le site du Puy-de-Dôme, qui « crache » neuf milliards de cigarettes par an, est le dernier, tous fabricants confondus, encore en activité en France continentale.


Terminée, donc, la grande aventure industrielle lancée à Morlaix (Finistère) en 1674 avec l’établissement, par Colbert, du monopole sur le tabac. Définitivement éteintes, les grandes manufactures de tabac construites par le Second Empire. Oublié, le Service d’exploitation industrielle des tabacs et allumettes créé en 1926 sous Raymond Poincaré. Finie, la Gauloise made in France. Elle ira se faire fabriquer en Pologne ou en Allemagne – son ancêtre, la Gauloise brune, est déjà partie en catimini en Pologne en 2005, après la fermeture de la manufacture de Lille.
Ce jeudi 5 janvier, autour des feux de palettes qui barrent l’entrée de l’usine, c’est l’abattement. « J’ai été embauché à la manufacture de Lille en janvier 2003, et sa fermeture a été annoncée en juillet, raconte Ludovic, 40 ans. Je suis parti à l’usine de Nantes, où ça a tenu dix ans avant l’arrêt de la production. Ma femme a abandonné son CDI et nous sommes depuis dix-huit mois à Riom, où il a fallu tout reconstruire. » Autour de lui, un petit groupe acquiesce.
(…) Le Monde

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