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Tout porte à croire que Boubaker al-Hakim, le jihadiste français le plus gradé au sein de Daech, chargé de planifier des attentats en France, a été tué, le 26 novembre 2016, dans la ville syrienne de Rakka.

Le site « Rakka est massacrée en silence » est animé dans la clandestinité depuis Rakka par des opposants à Daech et à Assad. Ce site affirme que Boubaker al-Hakim, surnommé Abou Muqatel, a été tué dans un bombardement de drone, le 26 novembre, à proximité du stade de la ville, transformé par Daech en sa principale prison. Si cette mort est confirmée, c’est le plus haut gradé francophone de Daech qui disparaît, à la fois le mentor des frères Kouachi et l’inspirateur des plus sanglants attentats contre la France depuis 2015.

Boubaker al-Hakim, né en août 1983 à Paris, a la double nationalité française et tunisienne. Il se rend dès juillet 2002 à Damas, officiellement pour y étudier l’arabe. Il est en fait pris en charge par les services de renseignement de Bachar al-Assad, désignés en arabe sous le terme générique de moukhabarates. C’est avec leur concours que Hakim séjourne secrètement en Irak, avant de rentrer en France en janvier 2003. (…)

Boubaker al-Hakim est de retour en Irak en mars 2003 et il intègre la « Légion arabe » de volontaires mobilisés pour la défense du régime de Bagdad. Interviewé par les médias français, il invite ses « potes » des Buttes-Chaumont, le grand parc du nord-est parisien, à le rejoindre pour combattre l’envahisseur américain. La chute de Saddam Hussein l’amène à plonger dans la clandestinité, avec le soutien des moukhabarates de Syrie comme d’Irak. Cette expérience est d’autant plus importante que ces moukhabarates ont eux-mêmes été formés à l’école soviétique de la violence la plus débridée et de l’intoxication la plus insidieuse.

Hakim revient en France pour établir la « filière des Buttes-Chaumont », ainsi qu’elle sera désignée à son procès. Il recrute son frère Redouane ou des « potes » comme Peter Cherif et Mohammed al-Ayouni, avant de contribuer à leur transfert en Irak via Damas. (…)

Hakim, dont la France obtient enfin l’extradition par la Syrie, est condamné à sept ans de prison, Mohammed al-Ayouni et Chérif Kouachi reçoivent une sentence de trois ans, tandis que Saïd est laissé en liberté. (…) Libéré en janvier 2011, Boubaker al-Hakim gagne la Tunisie où un soulèvement populaire a balayé la dictature Ben Ali.

(…) Le Monde

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