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Follement amoureuse, une jeune Allemande a tout quitté pour un beau Tunisien… mais l’idylle vire au cauchemar. Humiliée, battue, Tina décide de divorcer et perd la garde de leur fille. Elle n’aura alors d’autre choix que la fuite pour sauver son enfant.

“Un an après notre rencontre, tout semblait bien se passer entre moi et Farid, mon amoureux. J’avais tout quitté pour lui et entamé une nouvelle vie dans un pays que j’adorais, la Tunisie. Il m’avait enfin présentée à ses parents. J’essayais de me conformer à leurs mœurs, à leurs attentes, même si ce n’était pas toujours évident pour moi. Plus d’une fois, ma belle-mère m’a fusillée du regard, mais je m’accrochais. Je donnais tout ce que j’avais pour ne pas mettre en péril ma relation naissante. Je multipliais les efforts pour faire oublier que j’étais Allemande, pour devenir une belle-fille potentielle digne de ce nom. Sans véritable succès…

J’avais placé Farid au centre de ma vie et, à vrai dire, par moments, ma volonté de ne pas le décevoir était si forte que j’avais l’impression de ne plus vraiment exister par moi-même. Je le sais maintenant, certains incidents auraient dû m’alerter. Comme ce jour où il est sorti dans le jardin pour allumer un bûcher et y brûler deux livres que je lisais et qui lui déplaisaient. L’un parce qu’il traitait de la condition féminine, l’autre, un exemplaire du Coran en allemand, parce que, selon lui, la traductrice en était juive. […]

Ce ne pouvait pas être le grand mariage traditionnel dont il rêvait. D’autant que mes moyens étaient limités. Il me l’a fait payer. Malgré la grossesse, les nausées et la fatigue, il m’a laissée me débrouiller toute seule. Une caricature de macho. La fête terminée, furieux, il m’expliqua que tout était raté et que c’était de ma faute, car je n’étais pas tunisienne. Il détestait la Belgique et estimait que la formation de médecin qu’il suivait, et que je l’avais aidé à trouver, était minable. Soudain, il a bondi, m’a attrapée par le bras, m’a tirée jusqu’à la chambre et jetée sur le lit. Puis, tout en jurant en arabe, il est allé dans la cuisine et en est revenu avec les sacs poubelles gigantesques où ma sœur et son compagnon avaient jeté les restes du repas. Farid les a déchirés sur moi. Couverte de mégots, d’ordures, je me suis recroquevillée pour protéger mon ventre et j’ai fondu en larmes. Le lendemain, je me suis réveillée avec la certitude que, si nous avions pris un mauvais départ, c’était à cause de la vie que nous menions en Belgique. Ce n’était évidemment pas le cas… […] […] Mais un soir, il arriva ce que j’avais toujours redouté : la poudrière qu’était ma vie a explosé. Alors qu’Emira dormait, Farid a voulu s’en prendre à moi physiquement. Pour sauver ma peau, j’ai dû appeler la police. Il est parvenu à les convaincre que j’étais à fleur de peau à cause de mon récent accouchement. Et moi, totalement interdite, je n’ai rien dit. Mon couple, mon foyer, ce cocon douillet que j’avais tenté de construire se resserrait autour de moi pour m’étouffer comme une toile d’araignée.” […]

Closer

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