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Après l’attaque de quatre policiers samedi soir à Viry-Châtillon, les policiers sont appelés à une grève du zèle ce mardi. RMC a recueilli le témoignage de Thomas, policier de la Bac de nuit, qui décrit son quotidien face à des délinquants qui n’ont peur “ni de la police, ni de la justice”.

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Le sort des policiers doit être un thème de la campagne présidentielle. C’est ce que réclament toutes les organisations syndicales de police. Appel d’autant plus fort depuis que quatre des leurs ont été attaqués samedi au cocktail Molotov à Viry-Châtillon, dans l’Essonne. Et pour se faire entendre, plusieurs syndicats lancent ce mardi un mouvement de grogne. Le premier d’entre eux, Alliance, appelle à une grève du zèle. Les agents sont invités “à ne traiter que les urgences et cas graves”, du feu rouge grillé à l’atteinte aux biens et aux personnes, et à “faire l’impasse” sur les petites infractions du quotidien. Les policiers réclament la fermeté de la justice, mais aussi des effectifs, ainsi que la nécessité de recentrer l’agent sur son cœur de métier.

Le malaise des policiers, ce sont forcément les hommes du terrain qui en parle le mieux. RMC a recueilli le témoignage de Thomas, membre de la BAC (Brigade anti criminalité) de nuit du département de l’Essonne. Et manifestement, le quotidien est devenu un cauchemar. “Il y a une espèce de sentiment d’impunité des délinquants. Ils nous le disent, ils en rigolent même: ‘De toute façon je ne crains rien, qu’est-ce que tu vas me faire ? Je vais en garde-à-vue, et alors, demain je suis dehors’. Ils nous tutoient: ‘Tu le sais très bien, demain je suis dehors’. Ils ne craignent pas la police, encore moins la justice”.

“Ils savent très bien que, quand on arrive, on est le seul équipage disponible et qu’on descend à deux. Vous vous rendez compte, face à des bandes qui se baladent toujours à 8, à 10 ou à 20 ?”. Thomas l’avoue, “on fait semblant”. “Quand des gens nous appellent pour du tapage en bas de chez eux à minuit, avec les mecs qui foutent un bordel monstre, on arrive en disant: ‘Bonjour monsieur, vous voulez partir ? Non ? Bon ben bonne soirée’. Et puis on s’en va. On dit qu’on est intervenu mais en fait on n’intervient pas”. Il ajoute: “On est devenu des sacs de frappe. On intervient pour un simple différend de voisinage et le comité d’accueil est là, ils disent : ‘tiens on va les défoncer’, et on se prend un pavé pleine tête. Mais quand on est flic on est flic, on y retourne. Jusqu’à quand ? Je ne sais pas”.

 

RMC

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