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Fonctionnaires, classes populaires : à huit mois de la présidentielle la gauche apparaît de plus en plus coupée de ses fiefs traditionnels.

C’est un dîner d’été un peu particulier qui s’est tenu au soir du 31 août au ministère de la Fonction publique, rue de Lille (Paris VIIe). Autour d’Annick Girardin, la ministre, ont pris place des politologues et des spécialistes du Front national. Au menu : comment stopper l’impressionnante montée du FN chez les fonctionnaires ? Et, plus encore, reprendre pied dans ce fief traditionnellement acquis à la gauche. Il y a urgence, à voir une enquête électorale du Cevipof (centre de recherche de Sciences-po) qui a créé l’émoi au gouvernement. Au point qu’une note interne sur ce sujet a circulé dans le ministère, appelant à une réaction rapide.
« Depuis 2012, Marine Le Pen n’a cessé d’accroître son score chez les fonctionnaires, pointe Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS et auteur de l’étude. Une percée indéniable dans un milieu qui ne lui est pas favorable par nature. » Le chercheur figure justement parmi les convives ce soir-là.
Son constat paraît d’autant plus alarmiste que, ces derniers mois, François Hollande n’a pourtant pas été avare de « cadeaux » aux fonctionnaires. Revalorisation en mars dernier du point d’indice salarial gelé en 2010, hausse des primes des professeurs des écoles… Las, rien n’y fait, entre janvier et mai 2016, révèle l’enquête Cevipof, les intentions de vote pour Hollande reculent de 6 points chez les fonctionnaires (toutes catégories confondues). « Le fait d’avoir lâché sur ces points n’a pas changé leur regard sur le gouvernement », tranche Luc Rouban. […] Le Parisien

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