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Par le Père Christian Venard

(…) Ma première réaction, comme Français et prêtre catholique, est d’abord de la stupéfaction. En effet, depuis l’affaire Merah, toutes les actions terroristes menées sur le territoire de mon pays, sont liées – et c’est bien malheureux pour tant et tant de musulmans qui y vivent- à l’islam, par le biais de l’idéologie islamiste. C’est si vrai que nos « nouveaux clercs » – les médias –reprennent systématiquement en chœur le discours du « pas d’amalgame », au risque d’ailleurs d’empêcher toute vraie réflexion ou même les musulmans de notre pays d’entamer un nécessaire travail de clarification sur le statut de la violence dans les textes sacrés de l’islam. Une stupéfaction qui se double d’une incompréhension formelle : je reste surpris que le Pape compare des « faits divers » avec des tueries de masse et je ne vois absolument pas à quoi le Souverain Pontife fait allusion en parlant de « violence catholique ». Alors dans un premier temps, je ne peux que dire ceci : je ne comprends pas ces propos. Ils dépassent ma capacité, sans doute parce que je n’ai pas une connaissance suffisamment universelle qui me permettrait de saisir ce qu’est cette « violence catholique ». Je rappelle ici que nous sommes en train de parler de terrorisme, de plusieurs centaines de morts sur notre sol, de milliers de chrétiens dont l’existence est en jeu, en Orient en particulier.

Sur les traces de Pie XII ?

Ce dernier point m’a finalement mené au parallèle suivant. Comme Pie XII s’est retrouvé confronté au totalitarisme nazi, François l’est au totalitarisme islamiste. Comme Pie XII a réalisé que ses condamnations de l’idéologie nazie entraînaient sur le terrain encore plus de persécutions et de drames pour les catholiques ou les Juifs, François sait – à l’aune des violentes réactions qui ont suivi le fameux discours de Ratisbonne de son prédécesseur Benoît XVI – que ses paroles peuvent avoir des conséquences dramatiques dans un certain nombre d’endroits du globe où l’idéologie islamiste est conquérante. Comme Pie XII, le pape François, prend le risque personnel d’être incompris – y compris par les siens- voire même de paraître un jour devant le tribunal humain de l’histoire comme un pape « collaborateur ».

(…) Aleteia