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Sans Pierre-Paul Riquet, son inventeur, il n’y aurait pas de Canal du Midi. Plusieurs avant lui avaient eu l’idée de créer un canal reliant l’Atlantique à la Méditerranée mais tous se sont heurtés au problème de son approvisionnement en eau. Lui va persévérer et convaincre Colbert puis le roi Louis XIV de construire cet ouvrage de 240 kilomètres à travers la province du Languedoc pour faciliter la circulation des marchandises et éviter le détroit de Gibraltar alors contrôlé par les Espagnols et les pirates.

Octobre 1666, un édit royal donne le feu vert à l’ouvrage

Le 7 octobre 1666, Louis XIV signe “L’édit de construction pour le canal des mers Océane et Méditerranée”. Pierre-Paul Riquet devient adjudicataire des travaux de construction du canal, de Toulouse à Trèbes, pour la modique somme de 3,630 millions de livres. Deux ans plus tard, il achète aux enchères le fief et les péages du canal, devenant alors le “Seigneur du canal du Languedoc”. A ce titre, il pourra percevoir à son compte les taxes instituées sur les marchandises et les personnes transportées.
Il meurt en 1680, peu avant la toute première mise en eau du Canal.

1694, le canal des deux mers est enfin totalement achevé

Du 15 au 25 mai 1681, le Canal est mis en eau complètement et voit la première navigation solennelle entre Toulouse et Sète. Il sera ensuite complètement vidé pour parfaire ses ouvrages. Il est considéré comme achevé en 1684 mais s’ensable rapidement. Le roi envoie alors Vauban pour l’inspecter. Sur les préconisations de ce dernier, 48 acqueducs et ponts-canal sont construits pour limiter l’ensablement. Le Canal des deux Mers est considéré comme terminé en 1694. Il aura mobilisé jusqu’à 12000 hommes et femmes au plus fort des travaux. Le coût total de sa construction s’élève à plus de 17 millions de livres. Pour payer les dettes, les héritiers Riquet devront vendre une partie des parts de la propriété du canal.

1765, grande phase de plantation sur le canal

En 1765 s’ouvre une grande phase de plantation sur le canal. L’essence choisie ? Le peuplier. Cette même année, un recensement de la batellerie compte 224 barques marchandes qui commercent quotidiennement entre Agde et Toulouse.

1850 – 1880, arrivée de l’emblématique platane sur les berges du Canal

Entre 1850 et 1880, une grande phase de renouvellement des plantations est engagée. Le platane devient l’essence dominante sur les rives du Canal du Midi et lui donne cette empreinte qu’on retrouve désormais sur toutes les cartes postales de l’ouvrage.

Novembre 1897, l’Etat devient propriétaire de l’ouvrage

Une loi autorise l’État à racheter le canal du Midi pour près de 40 millions de francs. C’est désormais le Service des Canaux du Midi qui assure la gestion du réseau compris entre l’étang de Thau et Castets-en-Dorthe. Le transport de marchandises retrouve alors un régime de croissance grâce notamment à la suppression des droits de navigation.

1996, classement à l’Unesco

L’UNESCO classe le canal du Midi sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité le 7 décembre 1996. Pour le Comité, “le site est de valeur universelle exceptionnelle en tant qu’une des réalisations les plus extraordinaires du génie civil de l’ère moderne. Il est représentatif de l’éclosion technologique qui a ouvert la voie à la Révolution industrielle et à la technologie contemporaine. En outre, il associe à l’innovation technologique un grand souci esthétique sur le plan architectural et sur le plan des paysages créés, approche que l’on retrouve rarement ailleurs”.

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