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Il y a toujours les graffitis en façade, les hautes grilles, les fenêtres fatiguées, mais le lycée Jean-Quarré, hier squat insalubre, se veut aujourd’hui centre d’hébergement “pilote”, où la solidarité locale est mise à contribution pour insérer les migrants.

Dans la future médiathèque installée au rez-de-chaussée, des délégués de Bibliothèques sans frontières sont venus présenter les équipements — livres, ordinateurs, jeux de société — bientôt accessibles aux 145 migrants installés dans cet ancien lycée hôtelier du XIXe arrondissement de Paris. Tandis que des résidents jouent au foot dans la cour, d’autres surfent sur internet. Sur l’écran de Mohammed, 26 ans, la page d’accueil annonce: “How to learn French“.

Le Soudanais, arrivé il y a trois mois en France, s’en sort déjà avec le vocabulaire de base. “Bonjour, merci, ça va“. Mais aussi un “Liberté, égalité, fraternité!“, qu’il lance en souriant, avant de passer à un anglais approximatif. “Ici, on est protégés de la pluie, du froid, de tout en fait“, explique le jeune homme, qui a “connu beaucoup d’horreurs” et veut “vivre dans un pays sans peur“. Comme presque tous les résidents du centre, il a demandé l’asile. “Après, je pourrai avoir un boulot“. (…)

Depuis, 600.000 euros ont été engagés par l’État et la Ville pour rénover le bâtiment: électricité, plomberie, peinture — des travaux basiques, car l’ancien lycée est promis à terme à devenir une médiathèque, et il n’hébergera des migrants que pendant 18 mois.

En attendant, des douches ont été installées, deux réfectoires, une salle commune. Le bâtiment, inauguré avec une capacité de 100 places, en a depuis ouvert 45 autres pour des personnes évacuées du campement “Stalingrad”, le 30 mars. Le tout pour un coût de fonctionnement de 2 millions par an.

Le pari de Jean-Quarré, c’était de fédérer la solidarité et de rassurer sur le projet. Car après le squat, il y avait les nostalgiques de l’engagement citoyen et les personnes affolées par la présence du centre“, explique Tiphaine Bouniol, coordinatrice culturelle et sociale du centre géré par Emmaüs Solidarité. (…)

L’Express

Merci à cathyB

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