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Depuis un mois, le camp de Grande-Synthe (Nord) a fait peau neuve. C’est ici, à quelques kilomètres de Calais, que l’association Gynécologie sans frontières vient en aide aux femmes. L’objectif principal est de rencontrer les femmes enceintes avant leur traversée clandestine vers la Grande-Bretagne, but rêvé d’un exode au cours duquel elles peuvent passer neuf mois de grossesse sans voir un médecin.

Un état de santé aggravé par l’insalubrité des lieux. L’association officie dans une camionnette prêtée par la municipalité. “Avec la table d’examen et l’appareil d’échographie, on peut faire un suivi comme dans un cabinet de ville standard“, explique le Dr Richard Matis, vice-président de Gynécologie sans frontières.

La plupart du temps, les jeunes femmes enceintes reçues par l’association ne connaissent pas leur stade de grossesse. “On ne connaît pas la date des dernières règles, pas la date du début de grossesse donc on fait le calcul en fonction des mesures de l’échographie“, explique le Dr Danièle François, gynécologue bénévole. Lorsque les accouchements sont prévus pour bientôt, la gynécologue bénévole s’inquiète de savoir que ces femmes risquent de quitter la France pour rejoindre l’Angleterre. Elle tente alors de les convaincre de rester dans le camp pour pouvoir être suivies jusqu’à leur accouchement.

Au-delà du suivi des femmes enceintes, les bénévoles de l’association prennent également en charge des migrantes victimes de viols ou d’autres violences. “Le fait d’être si peu nombreuses au sein d’une population aussi dense, dans des conditions difficiles, ça génère forcément un risque de violence“, explique le Dr Richard Matis.

Certaines femmes seraient même contraintes à la prostitution sous la pression des passeurs pour pouvoir payer leur voyage.

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