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Dans le camp de Grande-Synthe, il y a ce qui se dit et ce qui se passe. Une bagarre, dont deux versions circulent, pose la question du rôle joué par les bénévoles. En ne dénonçant pas des faits de violences, certains couvrent les passeurs par crainte d’être refoulés du Basroch et de ne plus pouvoir aider les migrants.

(….) Pourtant, une bagarre a eu lieu. « Elle a opposé deux groupes de migrants qui voulaient changer leurs tentes d’emplacement, à cause des conditions climatiques », confirme Éric Fouard, le procureur de la République de Dunkerque. Lui tient ses sources des forces de l’ordre, qui sont intervenues suite à l’appel à l’aide d’une bénévole. Mais elles n’ont pas eu vent de l’utilisation d’une arme ni de l’existence d’un blessé. Sans quoi, « e lles l’auraient cherché et il aurait été exfiltré. S’il voulait sortir du camp, c’était le meilleur moyen. »

Pour le sous-préfet, Henri Jean, la bagarre « n’est pas allée plus loin que ça ». Il parle cependant de tensions actuelles dans le camp. « Beaucoup de migrants ont compris qu’ils étaient trompés par les passeurs ou qu’ils étaient maintenus dans le camp. » La météo de ces jours-ci n’arrange rien. Pour ce qui est du blessé, il n’existe officiellement pas mais personne n’exclut qu’il puisse y en avoir un. « Il faut que les éléments remontent. Il faut que les associatifs arrêtent le double jeu, on ne leur demande pas de jouer les collabos. » Pour lui, ça ne fait pas un pli, en ne dénonçant pas les actes de violences, voire l’identité des passeurs, ils laissent faire.

(….) Du côté des associations présentes de longue date au Basroch, il est clair que les migrants refusent généralement d’appeler les pompiers en cas de blessure « par peur d’une enquête de police ».

On confirme aussi la présence permanente dans le camp des « petites mains », le plus bas échelon des passeurs, les têtes de réseaux œuvrant généralement depuis l’Angleterre. Ces premiers maillons de la chaîne des esclavagistes sont souvent des migrants qui n’ont pas réussi à passer. Pour se faire de l’argent, ils ont accepté de devenir passeurs. Eux ont déjà tout perdu (leur famille, leurs espoirs de vie meilleure…) et n’ont plus rien à perdre. « Leurs menaces n’arrivent jamais à nous arrêter », témoigne une responsable d’association.

La Voix du Nord

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