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Le front conservateur et réactionnaire qui s’est constitué contre la récente réforme du collège, allant du syndicat enseignant majoritaire, le Snes, à l’extrême-droite nationaliste-populiste n’est que la énième mouture d’une lutte qui dure depuis des décennies. Elle oppose les défenseurs de la vieille culture dite “classique”, élitiste, ségrégative et reproductrice d’une société de “places” et de rentes et les partisans d’une école démocratique, ouverte aux nouvelles formes de savoirs et de techniques, de création et de représentation artistique.

L’imposture des conservateurs doit être dénoncée. Alors qu’ils ont combattu – avec succès – tout changement sérieux de l’enseignement secondaire depuis des décennies, ils ont le culot d’accuser les rares réformateurs d’être responsables des maux évidents dont celui-ci souffre : incapacité de tenir ses objectifs et de remplir les missions qu’il prétend s’assigner, inefficacité auprès d’une partie grandissante du public scolaire.

Les événements tragiques que nous avons tous en tête montrent à l’évidence que le choix d’une école principalement vouée à extraire l’élite de la masse par le biais des filières, des classes préparatoires et des grandes écoles aboutit à des catastrophes sociales. […]

Voici quelques mesures :

1. Soutenir les initiatives des pédagogies qui rompent avec les « bonnes vieilles recettes » et qui innovent en matière de contenus, de méthodes, d’évaluation, notamment dans les disciplines littéraires qui sont les plus touchées par le conservatisme didactique et le dogmatisme culturel. L’humiliation ressentie par des cohortes si nombreuses de collégiens et de lycéens qui se vivent comme “mauvais” dans leur langue parce que jugés tels par la culture scolaire est un puissant levier de l’anti-intellectualisme et de l’intolérance qui l’accompagne.
2. Fermer les classes préparatoires en lycée qui gangrènent l’enseignement obligatoire, du lycée et du collège jusqu’à l’école élémentaire. L’esprit de compétition exacerbé et le bachotage érigé en pédagogie unique qu’elles génèrent ont des conséquences désastreuses pour ceux qui ne seront pas élus, la majorité des jeunes. L’idéologie du “toujours plus”, le mépris des laissés-pour-compte, le conformisme cupide et la désagrégation de la société minée par l’égoïsme individualiste trouvent dans ce fonctionnement élitiste de l’école une partie de leur origine, avant que le système publicitaire médiatique prenne le relais.

Le Nouvel Obs’

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