Fdesouche

Jean-Paul Brighelli, agrégé de Lettres modernes et chroniqueurs au Point, “auteur de Voltaire ou le jihad”, réagit après les attentats qui ont ensanglanté Paris.

L’essayiste appelle à suspendre un certain nombre de libertés publiques et à renouer avec un État fort.

Dans votre dernier livre Voltaire ou le Jihad, vous décrivez un pays extrêmement fragile au bord de la guerre civile. Que vous inspirent les scènes de guerre d’hier soir ?
Croyez bien que je suis désolé d’avoir eu raison de dire, dans ce livre écrit il y a quatre mois, que nous sommes en guerre. Désolé pour les victimes, leurs amis, leurs parents. Mais pas désolé pour des gouvernants à qui il a fallu un autre massacre à Paris pour prendre la mesure du danger. […] Encore faudrait-il comprendre enfin que les terroristes sont parmi nous. Voici venu le temps des assassins? Eh bien, il est temps que se lèvent des guerriers. Qu’auraient fait Danton, Clémenceau ou De Gaulle face à une telle menace? Ils auraient suspendu un certain nombre de libertés publiques, afin que des associations «humanitaires» ne bêlent pas chaque fois que l’on interroge sérieusement un suspect. Ils ne se seraient pas contentés de classer des «fiches S»!
Parce que si on n’agit pas très vite et très fort, ce sont des citoyens déboussolés qui le feront à la place d’un Etat vacillant. Les menaces montent. Et je serais désolé — à nouveau — que des Musulmans parfaitement innocents, parfaitement indignés de ce qui se passe, paient les pots cassés d’un Etat impuissant.
À ceci près que, comme l’a très bien dit Ferhat Mehenni, qui en sait plus long que vous et moi sur l’extrémisme religieux de ses coreligionnaires, «l’islam, c’est l’islamisme au repos ; et l’islamisme, c’est l’islam en mouvement». Aux autorités musulmanes de faire leur aggiornamento. […] Que pensez-vous de la proposition de Pierre Manent qui prône une réaffirmation des racines chrétiennes conjuguée à une véritable négociation avec les musulmans modérés?
J’en dis que Houellebecq est décidément visionnaire! Non, sérieusement, comment peut-on penser à négocier sans être en situation de force? Non qu’il n’existe des musulmans modérés: mais combien seraient disposés à s’interposer devant des extrémistes? Et combien, parmi les instances dirigeantes de l’Islam européen, sont les faux-nez d’extrémistes camouflés qui attendent patiemment que les démocraties soient tombées dans le piège? J’ai bien peur que Pierre Manent, et quelques autres, ne fasse partie des idiots utiles d’un totalitarisme à venir.

source

Fdesouche sur les réseaux sociaux