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La chancelière est sous la pression de son parti. La presse n’hésite pas à parler d’un « putsch » contre la chancelière dont les auteurs sont ses propres alliés : les ministres de l’Intérieur, Thomas de Maizière, et des Finances, Wolfgang Schäuble.


A peine a-t-il mis ses divisions de côté, jeudi, que le gouvernement allemand se voit confronté à une nouvelle crise au sujet des réfugiés, lesquels devraient être 1 million à entrer dans le pays cette année. Les magazines « Der Spiegel » et « Cicero » n’hésitent pas à parler d’un « putsch » contre la chancelière. Ses auteurs ? Non pas Sigmar Gabriel, le vice-chancelier social-démocrate (SPD), qui se frotte les mains, mais les alliés chrétiens-démocrates (CDU) d’Angela Merkel : le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, et celui des Finances, Wolfgang Schäuble.
Le regroupement familial remis en question
Tout est parti de la décision de Thomas de Maizière, qui a demandé la semaine dernière à l’Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) de ne plus accorder l’asile aux Syriens sur la base d’un simple formulaire et de renouer avec l’examen individuel de leur demande. Vendredi, il ajoutait que ceux-ci devraient se voir interdire le regroupement familial. On aurait pu croire le débat clos lorsque le bras droit de la chancelière et nouveau coordinateur du dossier des réfugiés, Peter Altmaier, a déclaré qu’il n’en était pas question et qu’il n’avait pas été mis au courant des réflexions de son collègue. De fait, elles mettent en cause la politique d’Angela Merkel. Après ce rappel à l’ordre, le quotidien « Bild » se demandait même si Thomas de Maizière, dont ce n’est pas la première maladresse, avait un avenir au sein du gouvernement…
Une réflexion technique
C’était sans compter sur le soutien du ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, qui aurait une revanche à prendre sur la chancelière et apparaît comme un recours au sein du parti en chute dans les sondages. « Je trouve que de Maizière a raison, a-t-il dit dimanche soir. Nous devons vérifier de manière individuelle si les Syriens sont persécutés. » Lundi, la CDU a tenté de désamorcer la bombe en annonçant une réflexion technique des ministres de l’Intérieur des Länder sur le sujet. Puis en affirmant que, de facto, « les demandes de regroupement familial ne pouvaient pas être traitées en ce moment », comme l’a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière. Au passage, il a souligné qu’elle avait « naturellement » toute confiance en Thomas de Maizière.
Les Echos

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