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Voici deux ans que Souleymane, Emmanuel, Nerman et Saïda ont adhéré à Voisin malin. Créée en 2010 pour pousser les habitants des “quartiers populaires”, souvent défiants vis-à-vis des institutions, à devenir actifs dans leur ville, l’association s’est implantée à Grigny (91) en 2013.

« Voisin malin est la seule association qui nous permet de parler notre langue. Ça rassure les personnes qui cherchent leurs mots en français » (Saïda Akouri)

Le deal ? « Vous savez ici, avant d’être un lieu de deal, c’est d’abord un lieu de solidarité. Beaucoup plus qu’à Paris », rétorque Souleymane. Les trafics ? « Ça se passe aussi dans les villages et personne n’en parle », objecte Nerman. « On n’est pas qu’une ville sensible », tranche Saïda.

Le leitmotiv de leur action est simple : l’information passe mieux entre pairs. L’équipe d’intervenants comporte trois hommes et huit femmes, âgés de 22 à 67 ans, rémunérés 12 heures par mois au smic. Ils sont salariés, chômeurs, intérimaires, retraités… tous habitants de Grigny.

Souleymane Hissourou est arrivé du Mali à l’âge de 19 ans, envoyé par ses parents pour faire des études de droit. Il a finalement opté pour un bac pro en mécanique et est aujourd’hui salarié dans la logistique. Dix ans après son arrivée, il milite dans plusieurs réseaux associatifs. Ce black élancé est salué et hélé presque autant qu’un élu en campagne au bas des tours de « Surcouf », le cœur de Grigny 2. […]

Emmanuel Marie-Joseph, lui, galérait comme intermittent du spectacle quand il a rencontré l’association. Les 120 euros mensuels l’aident bien mais il veut surtout se rendre utile : «Ma mère a eu un cancer du sein. Je sais trouver les mots face à des femmes qui ne se sont pas fait dépister et qui ont peur», dit ce jeune homme de 21 ans en sweat gris. […] «Une fois, je suis entré dans le hall et il y avait deux jeunes cagoulés ; je suis monté sans problème pour faire mes visites», raconte le jeune apprenti cinéaste.

« On a un impact parce qu’on est d’ici, ça rassure de voir un visage connu », témoigne Nerman Ulusam. Cette mère turque de 37 ans, au regard bleu vert sous son voile noir, a la tranquille assurance des timides. Arrivée de l’Yonne juste après son mariage, la jeune femme avoue avoir eu du mal à « passer des vaches à une cité de douze étages ». […]

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