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« De quelle couleur sont les sacs plastiques des supermarchés ? Blancs. De quelle couleur sont les sacs-poubelle ? Noirs. »
« Quelle est la couleur d’un téléphone portable qui fonctionne ? Blanc. Et celle d’un téléphone portable en panne ? Noir. »
Des blagues de mauvais goût postées par Arthur Nory, gymnaste de la sélection nationale et deux autres de ses camarades, sur Snapchat, ont ému le Brésil toute la semaine dernière.
Seul afro descendant de l’équipe de gymnastique artistique brésilienne et récent vainqueur d’une épreuve de la Coupe du monde, Angelo Assumpçao est directement ciblé dans la vidéo mise en ligne par ses camarades.
Révélé par la chaîne Globo en début de semaine, le scandale ne cesse d’animer les médias et les réseaux sociaux et ce malgré la suspension des trois athlètes de la sélection.
A l’approche des Jeux olympiques de Rio, cette vidéo illustre pour beaucoup le « racisme cordial » qui sévit encore au Brésil.
L’expression popularisée par la journaliste Cleusa Turra dans un reportage pour la Folha de Sao Paulo décrit un racisme poli, sans violence directe mais ancré dans les mentalités.
Le dramaturge Nelson Rodrigues dans les années 80 dénonçait déjà l’hypocrisie brésilienne :
« Nous ne pourchassons pas les Noirs à coups de bâtons au beau milieu de la rue comme aux Etats-Unis, mais nous faisons quelque chose de peut-être pire. La vie du Noir brésilien n’est qu’un tissu d’humiliations. Nous le traitons avec une cordialité qui n’est que le lâche déguisement d’un mépris qui fermente en nous, jour et nuit. »
« Le pays le plus raciste du monde », comme l’avait qualifié le sociologue Alberto Guerreiro Ramos, a du mal à se défaire de sa réputation. Dans son enquête de 1995, qui reste à ce jour l’un des principaux travaux sur le racisme au Brésil, Turra montre que si 10% des Brésiliens se déclarent ouvertement xénophobes, plus de 87% des interrogés ont des préjugés qui s’apparentent à du racisme. […] Source
Merci à speuland59

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