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Et si le véritable problème, en termes de mobilité urbaine, n’était pas que les voitures soient thermiques, mais plutôt qu’elle soient individuelles ?

Sept défis majeurs sont à prendre en compte pour concevoir la mobilité de demain :

Deux défis globaux :

les émissions de CO2
l’épuisement des énergies fossiles

Deux défis nationaux:

l’emploi
la balance commerciale

Trois défis locaux :

la pollution
les bouchons
le stationnement

La voiture électrique ou la voiture partagée ?

Dans cette configuration, la voiture électrique s’inscrit-elle vraiment comme le futur de la mobilité? Nous pensions tous, en effet, que le problème était son moteur à essence ou diesel. D’où la cristallisation autour de la voiture électrique, soi-disant « propre ».

Mais le véritable problème ne serait-il pas plutôt qu’elles ne sont occupées en moyenne que par 1,3 personne alors qu’elles peuvent en transporter 4 voire 5 en même temps? Si l’on augmentait de seulement 10 % le taux d’occupation moyen de nos voitures – de 1,3 à 1,4 personne par voiture, cela suffirait pour résorber la grande majorité des bouchons du jour au lendemain !

De manière plus générale, le bus, le scooter et le vélo sont des moyens de transports bien plus efficaces que la voiture individuelle dans les espaces limités et contraints de nos villes, que ce soit du point de vue énergétique ou de l’emprise au sol. En effet, il faudrait monter à 8 personnes dans une voiture électrique pour être aussi « efficace » qu’un vélo en termes d’emprise au sol et à plus de 100 personnes si l’on regarde plutôt l’efficacité énergétique !

La mobilité urbaine sera partagée ou ne sera pas (mobile)

Plus des trois quarts de la population vivant en milieu urbain où l’espace est contraint, il n’est plus possible que chacun d’entre nous aille tous les jours tout seul au travail dans sa propre voiture alors que des alternatives pratiques existent.

Et l’on peut faire confiance aux gens qui préfèreront toujours l’alternative si elle est meilleure – le succès de Blablacar en est d’ailleurs le meilleur exemple. Un changement de paradigme s’opère donc entre la voiture objet social, de liberté et de progrès vers une mobilité propre, multimodale, partagée, géo-localisée, iphonisée…

Une infrastructure de transport routier sous-utilisée

Si l’on s’intéresse maintenant de plus près à nos problèmes de « saturation » d’infrastructures, quatre solutions s’offrent à nous pour tenter de les résoudre :

Construire plus de routes
Rouler dans des voitures plus petites – Smart, kei-cars au Japon
Monter à plus de personnes par voiture – covoiturage avec Blablacar
Réduire le nombre de voitures – autopartage avec Buzzcar ou Autolib
Comme il n’est pas dans l’air du temps de construire plus de routes (en tout cas en zone urbaine), il est plus réaliste de raisonner à infrastructure routière constante (avant que toutes les berges ne soient fermées à la circulation à Paris).

Mais il ne faut pas oublier que l’infrastructure de transport routier est constituée des routes mais aussi de toutes les voitures en circulation – des rails sans les trains ne serviraient pas à grand-chose.

Et justement, ces voitures, passent 95% de leur temps à l’arrêt et, quand elles roulent pendant les 5% du temps restant, leur taux d’occupation est voisin des 30% (1.3 personne par voiture), ce qui nous donne un taux d’utilisation pondéré de 1.5% – vous conviendrez qu’il existe une petite marge de manœuvre pour optimiser l’utilisation de cette infrastructure de transport routier existante!

Bien évidemment on n’atteindra jamais un taux d’utilisation de 100% ni même les 70% requis généralement par un outil de production (de mobilité dans notre cas) pour couvrir ses coûts fixes mais les voitures partagées atteignent des taux d’occupation de 40% (soit 8 fois plus) et monter à 2 personnes par voiture (40% de taux d’utilisation) ne semble irréaliste non plus, ce qui aboutirait à un taux d’utilisation pondéré de l’infrastructure routière de 15%, soit 10 fois plus.

La fin des constructeurs automobiles?

Il est important de savoir que l’usage du véhicule partagé, qui est une excellente alternative pour la ville, ne sera couronné de succès qu’à condition, dans le même temps, de décourager fortement l’usage de la voiture individuelle. Cela vaut aussi pour la voiture électrique face à la voiture thermique d’ailleurs. Il faut à la fois une carotte et un bâton !

Le transport en commun (ou partagé) reste évidemment une excellente alternative. La convergence de nouvelles technologies – internet, la géolocalisation et les smartphones – a permis à de nouvelles offres de service de se développer et devenir beaucoup plus attractives qu’il y a encore quelques années.

Certains constructeurs automobiles comme Daimler ne se sont pas fait prier pour prendre le virage de la mobilité partagée, de la petite voiture à l’auto-partage en passant par le parking intelligent ou le taxi (Smart, Car2Go, Car2share, Car2gether, Gotta Park, Carpooling.com, T my taxi, Tiramizoo) ! Mais avec la perspective que cela ne représente qu’1 à 2% de leur chiffre d’affaire à horizon 2020, il va quand même falloir qu’ils continuent à vendre quelques voitures, et individuelles si possible…

La voiture 1L/100 km

Dans un contexte d’énergie contrainte plus particulièrement en Europe, et alors que les voitures fonctionnent à 99,9% au pétrole, il est primordial de (re) développer des voitures petites, légères, peu voraces en pétrole et économiquement accessibles à tous.

La voiture 1L au 100 km n’est désormais plus une option, mais une nécessité absolue ni nous ne voulons pas tous finir à vélo! Une voiture électrique de 600 kg équipée d’un petit prolongateur d’autonomie fera parfaitement l’affaire pour baisser du jour au lendemain notre consommation de pétrole de 80%.

Ce qui ne serait pas forcément une mauvaise idée pour soulager notre déficit commercial, dont 85 % des 65 milliards d’euros de dégradation 2004 et 2012 étant due à l’augmentation du prix du pétrole et à la délocalisation de notre industrie automobile.

Evidemment, il reste la question à 100 000 dollars : la voiture autonome sera-t-elle la nouvelle mobilité du futur après la voiture électrique individuelle ? Ma réponse : si elle est légère, petite, électrique et partagée, pourquoi pas ?! On pourrait même imaginer qu’elle soit pliable, afin de réduire son emprise au sol lors du stationnement.

Les Econoclastes


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