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Fin janvier, Claude Bartolone et Gérard Larcher s’étaient quittés, fâchés, sur le perron du Sénat. Après les attentats de Paris, le souhait du chef de l’Etat de faire travailler ensemble les présidents de l’Assemblée et du Sénat à une « mission de réflexion sur les formes d’engagement et sur le renforcement de l’appartenance républicaine » avait fait long feu et suite à plusieurs désaccords, les deux hommes avaient décidé de travailler chacun de leur côté.


Pour l’ancien ministre de Jacques Chirac, l’une des urgences est de « revisiter » les politiques d’immigration et de mieux contrôler les flux migratoires, « au risque que les communautarismes ne disloquent la nation ». Dans ce but, il propose, à l’instar de François Fillon dont il est proche, que le Parlement fixe chaque année des quotas en fonction des capacités d’accueil de la France et de ses besoins professionnels. Finies, les « circulaires organisant des régularisations collectives » qui pourraient contribuer à « l’émergence du sentiment, illégitime, selon lequel les étrangers, quelle que soit la légalité de leur séjour, ont une créance sur la France ». « L’assimilation des candidats à la nationalité française doit être mieux contrôlée », estime le sénateur, notamment en « examinant la question de l’automaticité de la naturalisation des mineurs ». Le service civique pourrait également devenir obligatoire pour « ceux qui affirment leur attachement à la France », à savoir les candidats à la naturalisation mais aussi les aspirants fonctionnaires.
A gauche, le président de l’Assemblée voit les choses autrement : pour lui, ce sont les étudiants en grandes écoles qui devraient réaliser une « mission d’engagement citoyen » de trois mois minimum, sur le modèle de ce qui se fait à Polytechnique. Une mesure qui permettrait de « favoriser chez eux une plus grande ouverture d’esprit et une meilleure connaissance des réalités sociales » et de « renforcer les lieux de brassage ». « L’un des éléments les plus bloquants de notre société est la reproduction des élites », avance Claude Bartolone. « Les ségrégations et les exclusions subies nourissent les segrégations et les exclusions choisies. La République, on l’aime en se sentant aimé d’elle. »
(…) Le Monde

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