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Au FN, on va encore incriminer le “droitard”. On va encore pester sur le petit-bourgeois de droite qui, malgré les cent cocuferies dont il a l’habitude, a préféré voter pour un candidat UMP-UDI lors des départementales, comme il votera sûrement pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle. À l’évidence, les dernières élections ont démontré que le “bloc de droite” reste à un niveau particulièrement haut, bien plus en tout cas que ne l’est le socle frontiste.

Pendant un temps, aujourd’hui révolu, les observateurs attendaient que le parti de Marine Le Pen, dans le contexte favorable d’une présidence socialiste honnie et d’une droite en morceaux, prenne tout naturellement la place électorale de l’opposition, en “chipant”, notamment, tous les électeurs de la droite traditionnelle. Le constat est sans appel : en l’état, le FN n’a finalement pas beaucoup “mordu” sur l’électorat UMP, ou du moins pas autant qu’on aurait pu l’attendre. L’UMP, par conséquent et miraculeusement, reste en vie.
Comment l’expliquer ? Ce que les observateurs n’attendaient pas, c’est que le FN dédaigne à ce point d’envoyer ne serait-ce que des “signaux” à cet électorat. Fort de son programme antimondialiste cohérent à défaut d’être parfaitement audible, le FN a dogmatisé ses positions en comptant sur une recomposition radicale des desiderata électoraux. Il a tout misé sur le clivage patriote-mondialiste en sous-estimant la constante droite-gauche du pays. Qu’importe qu’il ait raison ou non dans le fond, car en politique — et je tiens cette maxime de Marine Le Pen elle-même — « n’existe que ce qui paraît exister ». Lorsqu’on fait si peu de clins d’oeil à un électorat, il n’est pas étonnant qu’il ne s’amourache pas.
Or, cette absence de messages est patente : en économie d’abord, domaine dans lequel le FN s’est évertué à prodiguer un discours macro économique (euro, protectionnisme, État stratège) de manière quasi exclusive, là où, justement, l’électorat dit petit-bourgeois (artisans, commerçants, entrepreneurs, etc.) ne comprend bien souvent qu’un discours microéconomique (fiscalité, économies, droit du travail, etc.), celui-ci touchant précisément à la vie de tous les jours. Pour un mouvement qui se gargarise d’être celui « de la vie des Français », proche de la « réalité », c’est assez étonnant. Alors certes, la macro détermine la micro (du cadre économique général dépend le fonctionnement des entreprises), mais tout de même : l’absence de toute communication sur le sujet, pour ne privilégier que les grandes solutions “macromiraculeuses”, limite sérieusement les percées du FN dans la sociologie du monde du travail indépendant….


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