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L’agence européenne de statistiques Eurostat a publié lundi les chiffres du chômage pour janvier. Même s’ils n’ont jamais été aussi bons depuis le début de la crise financière en 2007, ils indiquent tout de même que près de 24 millions de personnes sont sans travail au sein des 28 États-membres de l’UE. Dans la zone euro, on recense 18 millions de chômeurs.

Les plus faibles taux de chômage dans la zone euro sont enregistrés en Allemagne (4,7%) et en Autriche (4,8%); les plus élevés sont en Grèce (25,8%) et en Espagne (23,4%).

Par rapport à l’année dernière, les chiffres du chômage ont diminué dans 24 États membres. L’Espagne, l’Estonie et l’Irlande ont enregistré les plus fortes baisses. En Belgique, c’est le statu quo, tandis que Chypre, la Finlande et la France ont enregistré une hausse du chômage.

Dans la zone euro, en moyenne, on compte actuellement 11,2% de chômeurs parmi la population active. La moyenne au sein des 28 membres de l’UE s’établit à 9,8%.


Les taux de chômage des jeunes demeurent particulièrement révoltants :

En comparaison, le taux de chômage atteint 5,7% aux États-Unis, et 5,6% au Royaume-Uni. Les pays anglo-saxons et certains pays d’Europe du Nord ont à peu près moitié moins de chômeurs que les pays d’Europe du Sud.

Lorsqu’on analyse ces chiffres de manière approfondie, on parvient à une conclusion remarquable. Les créations d’emplois dans les pays anglo-saxons portent essentiellement sur des emplois à temps partiel, des emplois (trop) flexibles et des emplois à faibles salaires. Le nombre d’Américains qui doivent cumuler trois emplois pour joindre les deux bouts se chiffre en millions.
Ajoutez à cela le boom de la technologie et de la robotique qui a réduit le nombre d’emplois disponibles et qui ont changé la donne mondiale, ce que des économistes comme Jeremy Rifkin, mais aussi Larry Page de Google, ont présenté comme « la fin du travail ».
Rifkin explique que nous sommes en train de vivre une ère où la technologie et la concurrence ont permis de réduire les coûts marginaux de production à un tel point que beaucoup de biens et de services sont devenus abondants et quasiment gratuits, et qu’ils ne sont plus soumis aux forces du marché.
Dans les vingt prochaines années, l’internet des objets va généraliser ce phénomène à toute l’économie, de telle sorte que les forces du marché n’auront plus une si grande influence.
L’agriculture a été remplacée par des emplois industriels, qui à leur tour ont été remplacés par des emplois de services, mais maintenant, ces emplois sont en train de disparaître, et l’on ne voit pas bien ce qui va les remplacer, écrit Marc Fiorentino de MonFinancier.com
Les pays qui ont enregistré les plus fortes reprises économiques (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne) sont aussi ceux qui sont dotés des marchés du travail les plus flexibles, avec les législations les plus souples.
Dans de grandes parties de l’Europe, on critique ce modèle à juste titre, parce qu’il est loin d’être idéal. Mais dans le secteur privé, l’ère des emplois à vie, comme on en trouve encore dans la fonction publique, est révolue depuis longtemps. « Seulement voilà, il n’y a plus le choix. Si on veut réduire le chômage, il faut adopter un modèle à l’anglo-saxonne ou à l’allemande. Il n’y a plus de travail pour tout le monde », conclut Fiorentino.
Express.be

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