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« Ebola », « sida », « Mamadou » : parce qu’ils sont noirs et étrangers, ils pâtissent quotidiennement d’insultes racistes. Témoignages.


Parfois, le racisme tue. Ce fut le cas en septembre 2014, lorsque Charles Ndour, un jeune sénégalais de 25 ans est mort dans la banlieue de Tanger sous les coups de plusieurs Marocains. Mais sans en arriver là, le racisme est présent partout et quotidiennement. Concrètement, cela se traduit par des annonces proposant les services de femmes de ménage en précisant qu’elles sont « subsahariennes », ou par des insultes lancées à la volée dans la rue. « Quand je vais au marché certaines personnes m’interpellent en m’appelant Ebola », nous raconte par exemple Karim, un Sénégalais installé au Maroc depuis 6 ans.
Un racisme relayé par les élites

« Souvent, ils nous appellent aussi Mamadou », explique également Eric, Camerounais, qui réside au Maroc depuis 2010. D’après lui, « les remarques racistes sont liées aux événements qui font la une des journaux ». Ainsi, de « Azzi », les ressortissants de pays subsahariens sont devenus « Ebola ou Sida ». Eric raconte :
Maintenant, comme un Français d’origine malienne est responsable d’un attentat en France, ils font une relation avec tous les Subsahariens. L’autre jour, dans un cyber, des jeunes m’ont traité de ‘Coulibaly’.

Il y a aussi ceux qui s’amusent à faire des imitations de singes lorsqu’un Noir passe, ajoute Eric.
« Dans les milieux populaires, les enfants dans la rue se moquent de tout ce qui est différent et donc des étrangers », nous explique Medhi Alioua, sociologue et président du Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des migrants (Gadem) qui regrette que les parents laissent passer ces moqueries. Mais pour lui, « ce sont les comportements de la presse et des autorités qui participent à stigmatiser ces populations ». Mehdi Alioua l’assure, il y aurait une corrélation entre une certaine parole publique et la montée des incivilités racistes.
(…) Telquel.ma

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