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François Boespflug, historien des religions, est partisan d’une “autocensure amicale” pour pouvoir vivre ensemble.

La liberté absolutisée qui ne tiendrait plus compte de comment le propos est reçu n’est plus applicable dans une société multi-ethnique et multi-culturelle. On ne peut pas tout dire, partout, tout le temps. Ça me paraît être du bon sens.

Pour l’actualité qui nous intéresse, l’islam est un cas à part. On ne peut pas demander aux musulmans la même indifférence à l’égard de leur religion. En comparaison, juifs et chrétiens ont appris à faire le gros dos depuis des siècles.

Aujourd’hui, force est de constater que nous sommes les seuls à vouloir continuer à pouvoir nous moquer de Dieu impunément, et dans une certaine indifférence. L’insolence anti-religieuse est assez bien portée en France.

Mais il semble évident que nous allons devoir mettre de l’eau dans notre vin car nos sociétés deviennent de plus en plus multiculturelles et multi-religieuses. C’est peut-être la fin de la tolérance molle qui s’auto-justifie au nom de la liberté d’expression exaltée comme un absolu intouchable. […]

Tant que la société française ne comportait qu’une religion dominante, la question ne se posait pas mais elle est aujourd’hui posée de toute évidence. La plupart des Nations ne comprennent pas que l’on puisse pratiquer le dessin provocateur.

Pour vivre ensemble, il me semble qu’il va falloir introduire une prudence citoyenne et s’appliquer une autocensure pacifiste, même quand on chérit la liberté d’expression. C’est d’ailleurs une question de bon sens.

Nous avons un mal fou à accepter le fait qu’une relation supporte voire exige, pour rester viable, l’autocensure et que c’est un moindre mal. L’humain se contrôle partout. En famille, au travail, il compose avec les autres. […]

Nouvel Obs

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