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Un jeune Erythréen a été retrouvé poignardé le 13 janvier dans la capitale de la Saxe. Dans cette ville où se réunissent chaque lundi depuis trois mois de plus en plus de partisans du mouvement anti-islam Pegida, ce meurtre attise encore les tensions.

C’est en effet dans cette ville que des milliers de “citoyens en colère” descendent chaque lundi dans les rues à l’appel du mouvement des “Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident” (Pegida) – un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur en Allemagne et qui est en train de se développer dans d’autres pays européens. Dans la soirée du 12 janvier, quand le jeune Erythréen Khaled I., 20 ans, est sorti faire des courses, ils étaient 25.000 à crier “Nous sommes le peuple“, quatre kilomètres plus loin.

La mort violente et inexpliquée d’un demandeur d’asile poserait problème à n’importe quelle ville,. Pour Dresde, le cas du meurtre de Khaled I. représente le pire des scénarios. Sur le Net, on a vite fait de spéculer sur le caractère xénophobe [de ce meurtre], écrit la Süddeutsche Zeitung (SZ). Mais, que ce soit un réflexe précipité ou même faux, cela montre l’ambiance à Dresde en ce moment.

Ce demandeur d’asile vivait avec sept autres Erythréens dans un appartement du sud de Dresde. Son corps ensanglanté et sans vie a été découvert le 13 janvier au matin, à quelques mètres seulement de son immeuble. L’autopsie indique que le jeune homme est mort des suites de ses blessures : il a reçu des coups de couteau dans le cou et sur la poitrine.

Les manquements de l’enquête

Le chef de la police de la ville, Dieter Kroll, a reconnu le 15 janvier que des erreurs avaient été commises. Ses collègues avaient dans un premier temps écarté l’hypothèse d’un homicide, croyant que le jeune Erythréen avait fait une chute. C’est seulement après l’autopsie, soit 30 heures après la découverte du cadavre, que la police a commencé à relever des empreintes sur place, a dénoncé le député vert Volker Beck. L’homme politique a annoncé avoir déposé une plainte contre X pour entrave à la justice.

Fin décembre, des croix gammées auraient été dessinées sur la porte de l’appartement de la victime.

Courrier International

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