Benjamin Stora, président de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration et grand spécialiste de l’Algérie, revient sur les “visages de l’immigration juive” en France dans l’histoire contemporaine.
On assiste à une crise de l’identité française en rapport avec la mondialisation, la crise économique, la montée de l’islam politique et de l’intégrisme religieux, la crise de l’Europe. Autant de facteurs qui s’additionnent pour se reporter sur la question migratoire. Il existe aujourd’hui dans la société française une sorte de repli nationaliste étroit sur une certaine conception de la nation française. On voit resurgir les vieux démons qui sont ceux de la peur de l’autre, de l’étranger.

On a beaucoup parlé ces derniers jours de la présence dans certaines couches de la société française de clichés antisémites. Quels ont été ceux qui ont touché les immigrés juifs lors de leur arrivée en France ?
Pour la seconde vague d’immigration [venant du Maghreb], le cliché le plus fréquent était que ces Juifs du Maghreb n’étaient pas assimilables parce qu’ils venaient d’Orient. La différence culturelle avec les valeurs françaises aurait été trop forte. On connaît la suite : les Juifs d’Afrique du Nord se sont parfaitement assimilés.
La question de l’immigration et de l’étranger est souvent instrumentalisée en temps de crise. Estimez-vous que les prochaines séquences électorales verront les partis politiques faire de ce sujet un enjeu électoral ?
Malheureusement oui. Cela reste un sujet brûlant, conflictuel. […]





