Fdesouche

Addendum 18 11 : La libération du clandestin, en rétention depuis vingt-six jours, sera effective si le procureur ne fait pas appel dans les six heures.

Yero Sall, l’élève en CAP menuiserie au lycée Léonard de Vinci, retenu pendant vingt-six jours au Centre de rétention de Vincennes, vient d’être libéré ce mardi soir par le juge des libertés et de la détention. Le procureur a six heures pour faire appel.

Le lycéen ne sait donc toujours pas où il dormira ce soir, au CRA de Vincennes ou dans la chambre de l’hôtel social où il réside. Le juge a discuté longuement avec l’interprète sur le peul, la langue de Yero, et si l’on pouvait déduire de son accent, sa nationalité. C’est toutefois l’absence de diligence de la préfecture, qui a préféré annuler sa place dans un vol prévu ce matin, qui a déterminé la décision de le libérer. Son âge n’a dans cette audience pas été évoqué, faute de preuve suffisante. […]

Libération


Un clandestin africain risque l’expulsion vers le Sénégal, alors qu’il dit être mauritanien et mineur. Des lycéens parisiens essaient de mobiliser autour de son cas, appuyés par RESF (Réseau Education Sans Frontières).

«Que cherche la préfecture ? A nous provoquer ? » s’interroge Brigitte Wieser, militante de la première heure à RESF, mobilisée aujourd’hui pour Yero, comme elle l’a été pour les autres.

«Yero est venu en France avec un faux passeport, que sa mère lui a acheté. En réalité, il a 17 ans et est Mauritanien. C’est ce qu’il dit, et je le crois. Les éléments concordent dans ce qu’il raconte. Les lieux, les distances, ça tombe pile poil», assure Marianne Cabaret-Rossi. Il vit en France depuis janvier 2013. Au début pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, il a été «éjecté du jour au lendemain comme c’est souvent le cas, poursuit-elle, sur la base des fameux tests osseux qui le disaient majeur.»

Sur les pancartes des lycéens, il s’appelle Yero. Dans le centre de rétention où il est enfermé, c’est Idrissa. Jeudi, lors de la mobilisation parisienne contre les violences policières après la mort de Rémi Fraisse, entre deux slogans «la police assassine», certains criaient à tue-tête ce prénom, Yero. D’autres, comme Marthe, se l’étaient carrément écrit sur le front, au rouge à lèvres rouge. «Yero, c’est un lycéen, il est comme nous. La France veut l’expulser parce que soi-disant il a plus de 18 ans. Il faut le sauver.»

La préfecture de police de Paris a accepté ce lundi matin de recevoir une délégation (trois lycéens et une prof) pour évoquer le cas de Yero. Pendant ce temps, une centaine de lycéens et militants faisaient le pied de grue devant la porte, histoire de mettre la pression. Mais vers midi, tweets d’espoirs douchés.

«Ils n’ont rien voulu entendre, ils disent être en phase de réflexion sur ce dossier, mais qu’ils ne le libéraient pas. Ils le voient comme un fraudeur et pas comme un lycéen», rapporte Marianne Cabaret-Rossi, prof d’histoire et militante à Réseau éducation sans frontière (Resf). C’est la marraine républicaine de Yero, depuis le 4 juillet. «J’ai essayé de leur faire comprendre que comme les autres, il était la victime d’un système, et sûrement pas un fraudeur.» […]

Libération

Fdesouche sur les réseaux sociaux