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Canberra et Phnom Penh ont signé un accord autorisant le transfert de demandeurs d’asile, malgré le manque de garanties en matière de respect des droits de l’homme.
Tous sourires, ils ont scellé leur entente avec une coupe de champagne. Le ministre australien de l’Immigration et son collègue cambodgien de l’Intérieur ont signé vendredi un accord autorisant le transfert vers le Cambodge de réfugiés qui souhaitaient rejoindre initialement l’Australie. Le marché passé entre les deux pays suscite de nombreuses inquiétudes sur la politique migratoire de Canberra qui se défausse de ses responsabilités. Il soulève également des interrogations sur le sort des personnes déplacées dans un Etat maintes fois épinglé pour ses manquements au respect des droits de l’homme les plus élémentaires.

QUELLE EST LA NATURE DE L’ACCORD ?

Phnom Penh s’engage à accueillir des demandeurs d’asile ayant obtenu le statut de réfugié en Australie. «Le nombre et le calendrier de la relocalisation seront déterminés par le Cambodge», précise le communiqué commun des deux pays. Mais le très droitier ministre australien de l’Intérieur, Scott Morrison, a précisé qu’il n’y aurait «pas de limite» sur le nombre de réfugiés. Il a pris soin d’ajouter que la réinstallation de ces «volontaires […] devrait commencer plus tard dans l’année». La semaine dernière, le ministre cambodgien de l’Intérieur, Sar Kheng, s’était montré toutefois plus prudent : «Nous allons essayer d’accueillir quatre ou cinq personnes, peut-être deux ou trois (au début), confiait-il au Phnom Penh Post. Nous allons continuer à travailler pour nous assurer [que l’accord est dans notre] intérêt.» En échange, l’Australie s’engage à verser pendant quatre ans 40 millions de dollars australiens (environ 28 millions d’euros) pour aider à des projets de développement et prendre en charge la réinstallation. Les réfugiés qui viendraient au Cambodge bénéficieraient d’une allocation pendant douze mois, mais devraient quitter la capitale pour continuer à la percevoir selon des informations du Cambodia Daily.«On dirait que l’Australie a acheté le Cambodge pour s’occuper de ses réfugiés», a critiqué Ou Virak, président du Centre cambodgien des droits de l’homme.

(…) Libération

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