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Depuis deux ans, un insecte venu d’Asie ravage progressivement les châtaignes des Cévennes. Si ces dernières sont encore peu impactées, les prévisions pour les années à venir sont alarmantes. Une lutte biologique a toutefois été mise en place pour enrayer l’épidémie.

Originaire de Chine dans les années 50, le cynips, insecte ressemblant à une mouche, s’est déplacé lentement vers l’Italie, puis la France, qu’il a atteinte il y a 4 ans. Sa particularité : il pond ses oeufs dans les bourgeons et empêchent leur floraison. “Le cynips passe l’hiver dans les bourgeons, pompe la sève et produit une galle qui bloque la pousse. La taille de la feuille n’atteint alors qu’un dixième de sa surface normale“, explique Antoine Marceron, chargé de mission Productions Végétales de Montagne à l’OIER SUAMME, qui dépend de la Chambre d’agriculture. Actuellement, selon les estimations, 80% des communes concernées du département seraient touchées. Seules les extrémités ouest et nord seraient épargnées.

Marcel Fanguet est élagueur professionnel et il gère 5 ha de châtaigniers plantés depuis 40 ans à Colognac, près de Lasalle : “Le cynips est arrivé l’an dernier dans mon verger. J’ai trouvé des galles et dans certaines zones, la récolte a été moins bonne. Mais il est difficile d’établir un lien de cause à effet car l’insecte n’est pas le seul facteur de rendement. Mes craintes se posent surtout sur la récolte de l’an prochain, car le cynips agit en 2 ou 3 ans“, précise-t-il tout en se voulant rassurant pour son cas personnel. “Les châtaignes constituent pour moi un complément de revenu, les conséquences sont faibles. Mais je m’inquiète pour ceux dont c’est l’activité principale“.

De fait, même 500 tonnes sont produites par an dans le département  sur 12 000 t au niveau national, la châtaigne fait vivre environ 200 familles du Gard qui, au-delà de la vente du fruit, produisent du miel ou de la confiture. Certaines même s’en servent comme nourriture pour leurs brebis ou leurs chèvres.

Et si seulement une dizaine de producteurs sont pour l’instant touchés dans le Gard, on estime à -30% la production de l’an prochain et à -100% d’ici 5 ans. “Le cynips se développe de manière exponentielle. Il pond 200 œufs dont chacun en pondra 200, etc. Nous nous sommes battus pour que les exploitations impactées touchent une indemnisation de 1 à 2 € par kilo, contre 10€ selon le cours de la châtaigne. C’est peu mais ça permet de sauver les meubles en attendant que nos moyens d’actions agissent“, ajoute Antoine Marceron.

L’expérience de la lutte biologique

Afin de lutter contre ce fléau, le SUAMME (Service d’utilité agricole montagne méditerranéenne et élevage) a mis en place une lutte biologique via un autre insecte, le torymus, prédateur du cynips.

L’expérience italienne a montré que la propagation de torymus permettait d’enrayer le phénomène en 5 à 10 ans. Au printemps dernier, on a effectué 25 lâchers dans la région dont 15 dans le Gard, et on va continuer. Les prochains sont prévus à Sénéchas, Générargues et Le Vigan. Cet hiver, on vérifiera que l’insecte a commencé son travail, mais il ne sera véritablement efficace que d’ici 5 ans, lorsque l’équilibre entre les deux hexapodes sera installé. On a bon espoir“, souligne Antoine Merceron.

Objectif Gard

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