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Le Grand Stade de Lille pourrait bien se transformer en un énorme boulet pour Martine Aubry. SI l’enquête sur l’attribution du marché au groupe Eiffage a été classée sans suite depuis le mois d’août pour «prescription», des révélations du site d’informations Mediapart mettent néanmoins directement en cause la maire de Lille.
Lancée par la justice en janvier 2013 après une plainte d’un élu de la communauté urbaine Lille Métropole, l’enquête aurait fait apparaître au grand jour une lettre encombrante pour Martine Aubry. Cette dernière aurait sciemment transmis un faux rapport d’analyse des appels d’offres avec cette lettre.

Martine Aubry aurait su que le rapport était faux. Dans ce rapport, daté du 1er février 2008, jour du vote de l’attribution du marché au conseil communautaire de Lille Métropole, la meilleure note est attribuée au groupe Eiffage pour un contrat de 440 millions d’euros. Pourtant, le vrai rapport d’analyse des services techniques de Lille Métropole date du 23 janvier 2008 et donne sa préférence au projet du groupe Bouygues, évalué à environ 340 millions d’euros.
Pourtant, lors du vote, Mediapart rappelle que 82 % des élus ont voté pour le projet d’Eiffage en évoquant ses qualités architecturales alors même qu’ils n’avaient pas eu accès au rapport daté du 1er février. Normal, il n’existe pas encore. Celui-ci ne sera transmis aux conseillers communautaires que le 22 juillet 2008 dans une lettre signée de la main de Martine Aubry.
L’enquête en cours pour «faux» a depuis prouvé que le rapport a été réalisé en mai 2008 et antidaté au 1er février, «suite à une demande de contrôle de légalité de la préfecture du Nord», ajoute Mediapart. Le site d’information en conclut donc que Martine Aubry transmet le rapport frauduleux «en parfaite connaissance de cause».
Contacté par Mediapart, le cabinet de la maire de Lille et son entourage démentent formellement : «A aucun moment elle n’a eu connaissance de l’existence d’un faux jusqu’à la révélation de cette affaire». Le rapport mis en cause, modifié sur seulement quelques lignes – sur 85 pages – par rapport à l’original, va en tout cas coûter plus de 100 millions d’euros à Lille Métropole.
Pour expliquer l’avantage donné à Eiffage dans ce dossier, Mediapart évoque des soupçons de pots-de-vin mais les enquêteurs ne se sont pas saisis des faits. Concernant le faux document, l’enquête a été classée le 11 août dernier par la juge d’instruction pour des raisons de prescription. D’après Mediapart, l’avocat d’Eric Darques, élu lillois à l’origine de l’enquête, a saisi la cour d’appel de Lille pour contester le classement sans suite et relancer l’affaire.
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