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Sur sa carte d’identité, il a 27 ans, s’appelle Cédric, c’est un homme. Mais depuis quatre ans, il a l’apparence d’une femme. Il prend un traitement hormonal qui lui a fait pousser les seins, n’a plus de pomme d’Adam depuis une récente opération, a rééduqué sa voix chez un orthophoniste et s’est fait épiler de manière définitive.
Comme 150 personnes chaque année, il souhaite désormais changer d’état civil. En France, il faut obligatoirement passer devant un tribunal de grande instance, et être représenté par un avocat. Pour payer les honoraires, Cédric, sans emploi, a déposé une demande d’aide juridictionnelle au début de l’été. Retoquée. Motif ? «Demande prématurée, l’opération de réassignation sexuelle n’étant pas intervenue à ce jour.» Dans le jargon médical, ce terme ne laisse place à aucune ambiguïté. Cela consiste à une ablation des organes génitaux et la création de nouveaux. Une opération complexe, que peu de chirurgiens pratiquent, et pour laquelle en France, il y a entre 18 et 24 mois d’attente.
Se mutiler pour pouvoir accéder au tribunal…
Dans le cas de Cédric, le bureau de l’aide juridictionnelle de Paris a donc considéré que pour modifier leur état civil, les personnes transsexuelles doivent au préalable changer de sexe… Une interprétation du droit un peu hâtive, et qui surtout ne repose sur aucun fondement juridique, dénonce l’avocate Magaly Lhotel qui suit le dossier. «Cela revient à demander à une personne de se mutiler avant même d’accéder à un tribunal.» Elle vient de déposer un recours devant la cour d’appel de Paris…
Libération

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