Fdesouche

Le Maroc a été pionnier dans l’accueil des retraités français expatriés, mais aujourd’hui, selon Louis Eudes, président de Delocalia, rares sont les retraités à souhaiter encore s’installer au Maroc. La faute aux «révolutions arabes». Le nombre de retraités français au Maroc seraient d’ailleurs surestimés. Ils ne seraient que quelques milliers à être installés durablement.

Mais le problème essentiel reste le déficit d’image et l’amalgame géopolitique. C’est la première raison de la désaffection des retraités, car elle touche à l’émotionnel, en brisant le rêve… je ne pense pas que le Maroc puisse réellement corriger cette image.

Pourquoi le Maroc a-t-il perdu sa place de premier pays d’accueil des retraités français expatriés qu’il détenait dans les années 1990-2000 ?
Louis Eudes : Pendant longtemps, le Maroc a été la seule destination des retraités français (avec l’île Maurice sur un segment de population plus fortuné), même si les chiffres des retraités français au Maroc ont été, selon nos observations, largement surestimés. Mais au moment de la crise des subprimes, nous avons enregistré un véritable tournant. Dans le monde entier, les gens ont cessé d’acheter à l’étranger et se sont repliés sur leurs bases. Les achats des français au Maroc, n’ont pas échappé à ce phénomène.

Au moment de s’installer, les gens ne voient jamais les problèmes qu’ils rencontreront au moment de leur retour en France [qui arrive toujours, ndlr de yabiladi].

Avec les révolutions arabes, le Maroc a été considéré comme un pays à risque, assimilé indistinctement au reste du Maghreb. Le flot continu d’informations anxiogènes en provenance des pays arabes envoie quotidiennement un signal très négatif. Depuis le début de la reprise, il y a 2 ans, le Maroc est donc resté en dehors des circuits de l’investissement des Français. […] Aujourd’hui, nous avons d’ores et déjà plus de demandes pour le Sénégal que pour le Maroc. Le pays a un avantage important : son climat propice à l’hivernage. Il y fait réellement chaud quand le Maroc n’offre qu’un peu plus de douceur qu’en France.
yabiladi

Fdesouche sur les réseaux sociaux