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Des fidèles musulmans réclament depuis des années la réouverture de Sainte-Sophie au culte. Le gouvernement Erdogan, qui mène une politique d’islamisation, a déjà évoqué plusieurs fois cette hypothèse.

Sous les yeux ébahis des touristes, les milliers d’hommes et de femmes ont scandé:
«Une seule solution: l’islam!»Dans la foule: des femmes en niqab, plusieurs drapeaux turcs, mais aussi palestiniens et syriens.

Ce soir-là, ces partisans avaient un message bien précis à faire passer. A l’appel du Parti de la félicité (Saadet partisi) et de l’association des jeunesses anatoliennes (AGD), ils manifestaient pour réclamer la réouverture au culte du musée de Sainte-Sophie.
«Cette terre est musulmane, Sainte-Sophie une mosquée!», a justifié un homme parmi la foule.
Basilique à l’origine, Sainte-Sophie fut convertie en mosquée 1453 après la conquête de la ville par les Turcs ottomans sous le règne du Sultan Mehmet II. Depuis 1934, le bâtiment est devenu un musée, interdit au culte, ayant conservé et restauré les éléments du lieu propres aux religions chrétiennes et musulmanes. L’édifice et son dôme haut de 55 mètres entouré de ses quatre minarets est devenu le plus célèbre monument d’Istanbul, faisant face à la célèbre mosquée Bleue, attraction touristique mais aussi lieu de prière. (…)

Fer de lance de groupes islamistes concurrents

Symbole du laïcisme des débuts de la République turque pour les uns, du passé chrétien de la région pour les autres, Sainte-Sophie est également sujet de discorde entre groupes islamistes concurrents. (…)

Pour Sébastien de Courtois, «les islamistes haïssent Atatürk qui a imposé l’idée de République (laïque musulmane, NDLR) contre l’influence politique de l’islam dans la société. Il y a bien longtemps déjà, depuis la fin des années 1940, que ses idéaux de sécularisme ont été battus en brèche. La violence politique installée depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002 n’est qu’un avatar supplémentaire de cette guerre des symboles religieux».

Le chef de l’Association de la jeunesse d’Anatolie (AGD) à Istanbul, Ali Ugur Bulut, l’un des principaux organisateurs de la manifestation du 31 mai, est confiant:
«Je ne connais pas l’agenda politique de notre gouvernement, mais ce qui est certain, c’est que le nécessaire changement de statut de Sainte-Sophie pourrait se faire très rapidement au parlement.»
Le mouvement de jeunesse est lié au Parti de la félicité, et en partage les vues idéologiques, notoirement anti-occidentales et volontiers panislamiques: «la conquête d’Istanbul était la volonté du Prophète. La mosquée Sainte-Sophie était le symbole de la victoire de l’islam sur l’occident», justifie l’organisateur. (…)

Slate

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