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Si jamais vous en doutiez, voici une preuve que les robots nous remplaceront un jour au bureau. Le 13 mai, la société hongkongaise Deep knowledge ventures, ou DKV, a nommé un algorithme à son conseil d’administration. Le logiciel siégera donc aux côtés d’êtres en costume, qui respirent et sûrement diplômés d’universités prestigieuses.

Spécialisée dans les investissements en capital risque, DKV s’implique dans des sociétés privées et publiques des secteurs de la lutte contre le cancer, de la médecine régénérative et des traitements personnalisés.

La mission de l’algorithme, nommé Vital, sera donc d’analyser les résultats prévisionnels, les premiers tests de médicaments, la disponibilité des brevets et les levées de fonds précédentes des sociétés dans lesquelles DKV envisage d’investir.

Sixième membre du conseil d’administration, le logiciel participera à la prise de décision de l’entreprise, recommandera ou au contraire écartera des investissements trop risqués. Vital -un acronyme qui signifie “outil de validation pour les investissements dans la recherche scientifique”- a été développé par une société britannique, Aging analytics. “Il prend ses décisions de façon totalement indépendante”, précise le communiqué de presse.

Un robot incorruptible

“Même si Vital n’assistera pas littéralement aux meetings, il n’y aura plus de décision prise sans avoir reçu son analyse: son opinion, ou plutôt les résultats de ses recherches, est aussi importante que l’avis d’un autre membre du CA”, insiste un responsable de DKV, Dmitry Daminskiy, interrogé par Beta Beat.

“Si les gens peuvent être subjectifs ou influencés par leurs émotions, les ordinateurs, eux, peuvent avoir des intuitions géniales. Former une équipe mixte est juste logique : nous essayons d’optimiser les avantages de chacun.”

Vital est ainsi une sorte de robot incorruptible qui vante une fiabilité extrêmement élevée. Et ironie de l’histoire, depuis qu’il a commencé à être testé, Vital a déjà approuvé deux investissements, à chaque fois très proche de lui. “Même s’il ne pouvait pas encore voter à l’époque, il nous a aidé à nous décider sur deux cas”, explique Charles Groome, un dirigeant de DKV à Business Insider.

“Une entreprise qui développe des méthodes de recherche assistée par ordinateur dans le domaine de la lutte contre les effets du vieillissement et une autre qui a créé une plateforme logicielle capable de choisir et d’évaluer des traitements personnalisés contre le cancer”

Après quelques jours seulement, Deep knowledge ventures est déjà séduit. “Les perspectives offertes pour la gestion de portefeuille sont immenses : un tel logiciel va nous permettre d’accélérer les vérifications lors d’une transaction et de voir des corrélations qui ne sautent pas forcément aux yeux des humains”, se félicite Dmitry Daminskiy. “Ce n’est pas encore de la véritable intelligence artificielle, mais on s’en rapproche.”

Un regret cependant, Vital n’a semble-t-il pas offert un verre à ses collègues pour fêter sa nomination.

Hufington Post

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