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Editorial de François Sergent dans Libération.
Un raz-de-marée populiste anti-européen et une abstention massive s’annoncent déjà comme les deux principales données des prochaines élections au Parlement de Strasbourg. Deux signes de défiance envers l’UE, ce Léviathan mythique devenu objet de paranoïa.

Il faut se garder de mélanger les torchons racistes comme le Front national ou Aube dorée, et les serviettes europhobes comme l’Ukip britannique ou l’AfD allemand.

Il reste que des dizaines de députés unis par leur détestation de l’Europe feront leur entrée au Parlement, bien décidés à en saborder les procédures et les débats.
Il faut certes combattre ces mouvements qui, sur de douteuses bases iEurope et de défense de la nation, font de la xénophobie leur miel. Leur haine de l’autre ne se limite pas aux «étrangers». Ils récusent tout autant la solidarité entre les Etats membres qu’à l’intérieur de leur communauté nationale.
Mais, quelle que soit la perversion de leurs arguments, l’Europe et Bruxelles, ses commissaires politiques comme ses journalistes, ne peuvent se contenter de balayer de toute leur arrogance cette contestation. Les politiques qui se servent par facilité démagogique de Bruxelles comme bouc émissaire doivent s’interroger sur l’impopularité de l’Europe associée désormais au chômage et à l’austérité. Il serait temps que l’Europe se réinvente, s’imagine aussi comme une Europe citoyenne, démocratique et populaire.
Libération

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