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Pour Yves Jégo, député de la troisième circonscription de Seine-et-Marne et maire de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen est désormais inéluctable sauf s’il y a « un sursaut des républicains ». Il analyse la montée du FN dans un livre intitulé «Marine Le Pen arrivera au pouvoir, sauf si…».

Ce livre est né du constat qu’a fait Yves Jégo durant ses permanences de député, où il s’est de plus en plus souvent entendu dire par ceux qu’il recevait : «Puisque c’est comme ça, la prochaine fois, ce sera Marine.»

Il y a d’abord les résultats électoraux, indicateur le plus fiable et le plus objectif de tous. Lors des élections cantonales de 2011, le FN a été en mesure de se maintenir au second tour dans 402 cantons sur les 1 400 à renouveler. […]Les succès du FN lors de récentes élections partielles sonnent également comme autant de coups de semonce. […] À force de flambée du vote de vengeance contre un système qui ne résout pas les problèmes cruciaux des Français, nous sommes passés d’un paysage politique bipolaire à un paysage politique tripolaire. De fait, aux pôles de gauche et de droite républicaine s’est ajouté le pôle d’extrême droite, hissé au rang de troisième force par son statut de réceptacle de toutes les colères.

À cela s’ajoute qu’au-delà des scores électoraux, les principales thèses défendues par le FN gagnent en soutien dans la population française.

Sur ce plan, l’enquête récente « Fractures françaises » du CEVIPOF1, diffusée en janvier 2014, est édifiante. Deux Français sur trois pensent qu’il y a trop d’étrangers en France et que l’islam est incompatible avec les valeurs du pays. Sept Français sur dix veulent diminuer les pouvoirs de l’Europe pour renforcer les pouvoirs nationaux.
Bien évidemment, par temps de «vaches grasses», de croissance, de plein-emploi, de telles idées seraient d’office reléguées aux marges de l’opinion publique française.
Pour ne prendre qu’un exemple, dans les années soixante-dix, il y avait peu ou prou le même pourcentage d’étrangers qu’aujourd’hui dans la population de la France. Cependant, parce qu’à l’époque, il n’y avait quasiment pas de chômage, l’idée qu’il y aurait trop d’immigrés en France n’était approuvée pour ainsi dire par aucun électeur. […] il est alors tout à fait possible que les candidats de la droite républicaine arrivent [en 2017] derrière celui du FN et celui du PS.
atlantico (Merci à domi)

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