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Acquise en 2011, la filiale SunPower s’est redressée en imposant ses cellules à haut rendement.

En 2013, avec un chiffre d’affaires qui devrait nettement dépasser 2,6 milliards de dollars, Total s’est imposé comme le numéro un mondial du solaire. SunPower – filiale qu’il détient à 66 % – s’est notamment distinguée en lançant le chantier de la plus importante centrale du monde: Solar Star, en Californie. D’une capacité de 700 mégawatts (MW), soit la moitié d’un réacteur nucléaire de nouvelle génération, elle sera opérationnelle en 2015.

«Parallèlement, nous avons lancé au Chili un projet de centrale prouvant que le solaire pouvait être compétitif sans subvention, souligne Philippe Boisseau, membre du comité exécutif de Total en charge notamment des énergies nouvelles. C’est le seul cas au monde pour un projet de cette taille (75 MW).»

Pour expliquer cette performance, le dirigeant met en avant le haut rendement des cellules Sun­Power – 24 % contre 15 % en moyenne chez ses concurrents – et la baisse des coûts de production, divisés par deux en deux ans. Cette baisse devrait se poursuivre au même rythme d’ici à 2015.

L’entreprise, dont le carnet de commandes affiche complet pour 2014, prévoit une augmentation de 50 % de sa production au cours des deux prochaines années.

Mais SunPower ne veut surtout pas être réduit à la fabrication de cellules, quand bien même sa technologie lui a donné quelques années d’avance dans une activité ultra-concurrentielle. «Nous sommes un acteur intégré présent sur l’ensemble de la chaîne, de la conception des cellules jusqu’à la production d’énergie en passant par l’assemblage de modules photovoltaïques», poursuit Philippe Boisseau.

Avec des usines implantées aux Philippines, en Malaisie, en Afrique du Sud, au Mexique et aux États-Unis, l’industriel peut cibler plusieurs zones clés. La France aussi est représentée, avec deux usines de panneaux situées près de Toulouse et en Moselle. Dans l’Hexagone, qui abrite aussi son centre d’ingénierie (à Lyon), SunPower emploie environ 400 de ses 5000 salariés.

«Parcours gagnant»

Au passage, Philippe Boisseau refuse de partager la sinistrose qui règne en France. «Le pays, dit-il, a des atouts, avec une capacité d’ensoleillement supérieure à celle de l’Allemagne, mais le système actuel est inefficace. Parmi les facteurs d’optimisation, la labellisation des équipements solaires serait un bon moyen de soutenir les fabricants en donnant des repères aux consommateurs.» Philippe Boisseau milite pour une diminution sensible des coûts d’installation. «Enfin, les délais de raccordement des nouvelles installations au réseau électrique doivent être resserrés.»

La confiance affichée aujourd’hui par Total dissipe les doutes nés après la prise de contrôle de SunPower en 2011: les équipements de la société américaine étaient déjà considérés comme très innovants mais beaucoup trop chers. L’évolution de l’action SunPower illustre le renversement de tendance: après avoir chuté jusqu’à 4 dollars en 2012, elle oscille aujourd’hui entre 30 et 35 dollars. «Ce parcours gagnant est le fruit d’une vraie complémentarité, commente Philippe Boisseau, SunPower a apporté une technologie à laquelle Total, par son expertise des marchés internationaux, a donné un véritable souffle.»

Le Figaro


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