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Un article du contributeur d’Agoravox, Homme libre, de nationalité suisse, sur l’expression «de souche» : «Français de souche (né quelque part)».

Un naturalisé doit assimiler une culture, des règles parfois nouvelles, un mode de communication. Le passeport n’est qu’une identité juridique, limitée, pas une identité culturelle.

L’expression fait polémique. D’un côté elle est revendiquée, de l’autre elle est taxée de racisme. Essayons d’en parler sans stigmatisation.
Nous avons tous une origine et une appartenance, partagées avec d’autres. Cela tient en partie à l’ancienneté de résidence familiale sur un territoire. […] Les premiers occupants y créent leur monde. Ils le gèrent et l’administrent selon leurs besoins. Ils en rendent compte. Ils posent les limites et des frontières. Quand un territoire est occupé et administré, il appartient en quelque sorte à ceux qui l’occupent. L’appartenance, et l’identité collective qu’elle génère, tient non seulement au territoire mais aussi à une langue commune, à des croyances élaborées lors d’événements partagés ensuite ritualisés, à une histoire qui s’est forgée sur le temps, à une langue commune, à des valeurs et des règles de vie et aux lois qui en découlent. Culture, région et parfois couleur de peau forment le creuset d’identités spécifiques. […].
Les communautés humaines ne sont pas fraternelles par principe mais par apprivoisement, par intelligence, par stratégie ou par nécessité. Il y a longtemps que j’entends des remarques sur les «vrais Suisses» ou les «Français de souche». En Suisse cette expression indique l’origine géographie, les cantons fondateurs du pays, l’ancienneté. Cela n’incite pas au racisme, c’est plus tôt un mérite. Cela signifie que ceux qui se reconnaissent comme tels on des critères.
Ces critères sont :
– la couleur de peau dans de nombreux cas : un blanc n’est pas reconnu comme antillais par la communauté d’origine africaine qui peuple majoritairement cette île ; […] – les origines communes, territoriale en particulier. Etre né au même endroit crée une proximité et des liens. C’est ainsi. […] – une culture commune : musique, littérature, valeurs partagées, codes de communication identiques, degré de permissivité dans un groupe, etc. […]

Quelle que soit la liberté fondamentale de tout individu, il est imprégné d’odeurs, de sons, de couleurs, de mots, d’images, d’une vie qui forme la singularité où il grandit.

Le sentiment d’appartenance collective et d’identité commune est quelque chose de normal dans la construction de l’individu et des groupes. Etre français de souche, ou suisse, ou antillais de souche, est une notion qui, au-delà d’une citoyenneté commune, définit des spécificités. Le citoyen «de souche» a une antériorité de plusieurs générations sur le naturalisé. La Suisse par exemple a connu beaucoup de migrations. Des migrants naturalisé sont conscients de cette différence d’ancienneté. C’est mon cas. Juridiquement et affectivement je me sens chez moi en suisse. J’ai les droits des citoyens suisses, mais bien que mon pays soit la Suisse et aucun autre, j’ai une pudeur face aux familles qui sont suisses depuis quatre ou cinq générations. […] Aujourd’hui l’expression «de souche» révèle fréquemment un conflit entre citoyens aux origines différentes. Un tel conflit doit être analysé avec lucidité. Mais la peur d’être taxé de raciste ne doit pas gommer le fait qu’il y a des antériorités culturelles, même s’il y a égalité juridique. Un suisse ou un français de souche est héritier d’une histoire où sa famille s’est peut-être illustrée ; il est d’origine gréco-chrétienne ; il se reconnaît dans la langue et dans les règles de base de la société. On reconnaît la souche là où elle a poussé. Le lieu où la souche prend terre n’est pas tous les lieux. […] Agoravox (Merci à Un connu)

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