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Le sablage industriel des jeans, toujours utilisé en Chine malgré les risques sanitaires? C’est ce que révèle le récent rapport d’un consortium d’organisations de défense des droits des travailleurs, relayé par Quartz.

Cette technique industrielle, utilisée pour donner aux jeans un aspect vieilli et délavé, consiste à propulser du sable à haute pression sur le denim. Elle a été pratiquée de manière intensive dans les années 1990 et au début des années 2000, alors que le jean usé connaissait ses heures de gloire.

En 2004, en Turquie, où l’industrie textile est très présente, un rapport médical révélait les dangers liés à ce procédé. Il pointait de nombreux cas de silicoses chez les ouvriers, une infection pulmonaire incurable et mortelle liée à l’inhalation de la silice, une poussière contenue le sable utilisé.

A la suite de cette découverte, de nombreuses marques comme Benetton, Levi Strauss ou Mango avaient renoncé à l’usage de cette technique, et la Turquie l’a interdite en 2009.

Selon les activistes, de nombreux industriels se seraient alors rabattu sur des pays aux législations plus souples, comme l’Egypte, le Bangladesh ou la Chine. Il existe des alternatives au sablage industriel, à commencer par le sablage manuel, mais il est nettement plus coûteux.

Le rapport, commissionné par IHLO, un syndicat basé à Hong Kong, SACOM, une association étudiante de lutte contre les entreprises irresponsables, et les ONG Clean Clothes Campaign et War on Want, est fondé sur des entretiens menés avec des ouvriers de Guangzhou, haut lieu de la production de denim en Chine.

Il révèle qu’au moins cinq usines chinoises continuent d’avoir recours au sablage. Parmi elles, l’usine du groupe Zhongsan Yida, qui a officiellement renoncé à cette pratique, et qui produit en particulier des jeans pour Levi Strauss, comme l’indique la dernière liste de fournisseurs publiée par la firme. Un porte-parole de la marque, qui avait interdit le sablage en 2010, a affirmé à Quartz que l’entreprise s’était assurée que Zhongsan Yida avait mis fin à la pratique du sablage en 2009 et s’était débarrassée de ces machines en 2012, mais des témoignages recueillis dans le rapport laissent entendre que l’usine exige des ouvriers qu’ils cachent les machines de sablage en cas d’inspection ou d’audit.

L’an dernier, un rapport mené au Bangladesh par Clean Clothes Campaign révélait des pratiques comparables dans ce pays, où se fournissent notamment H&M, C&A ou Diesel.

Slate

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