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Le bon sens est parfois mis en défaut … avec la crise on pourrait imaginer que nombre d’européens soient tentés d’améliorer leurs fin de mois avec des activités non déclarées et que donc l’économie parallèle progresserait. En fait il n’en est rien et selon une étude réalisée par le groupe Visa. Le poids de l’économie parallèle aurait en fait diminué en Europe – au sens large – en 2012 : si en 2011 cette économie parallèle pesait 19,3 % du PIB cumulé des pays de l’Union européenne, de la Norvège, de la Suisse, de la Turquie et de la Croatie, en 2012 ce poids n’était plus que de 12 %.

Et selon son auteur, Friedrich Schneider, professeur d’économie à l’université de Linz en Autriche, cette tendance devrait se poursuivre cette année. Selon l’étude, en 2013, l’économie parallèle pourrait marquer un plus bas en 10 ans, à 18,5% du PIB des pays européens, grâce à l’amélioration des conditions économiques par rapport à la crise de 2008 d’une part mais aussi grâce aux mesures de lutte contre la fraude prises par les États.

L’étude souligne par ailleurs que si l’économie parallèle cause un manque à gagner aux États, elle n’est pas uniquement négative car l’argent gagné est dépensé dans l’économie réelle et qu’en période de crise, elle peut donner un moyen de subsistance aux personnes en difficulté.

Les sommes générées par l’économie parallèle des cinq premières puissances européennes (Allemagne, France, Italie, Espagne, et Royaume-Uni) comptent pour les deux tiers du total européen, détaille l’étude qui estime qu’en valeur absolue, le travail au noir et les transactions légales mais non déclarées en Europe ont représenté 2.175 milliards d’euros en 2012.

Mais rapporté à la taille de l’économie nationale, et sans grande surprise, le phénomène pèse beaucoup plus dans les pays d’Europe de l’est. Ainsi, en Bulgarie, Croatie, Lituanie et Estonie, l’économie souterraine équivaut à pratiquement 30% du PIB, selon cette étude.

En France, les auteurs de l’étude, qui basent leurs calculs à la fois sur des données macroéconomiques et sur des projections statistiques, estiment que l’économie informelle équivalait à 10,8% du PIB en 2012, à 219 milliards d’euros. Ils prévoient une baisse pour 2013, à 9,9% du PIB.

Par secteur, la construction et le commerce enregistrent le plus de transactions non déclarées et de travail au noir, tous pays confondus. Pour les auteurs de l’étude, cela s’explique notamment par le fait que les paiements en liquide y sont plus répandus qu’ailleurs.

Les Échos

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