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Malgré près d’un quart de siècle d’investissements dans les énergies renouvelables, l’énergie mondiale n’est ni plus propre ni plus verte qu’en 1990, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié mercredi 17 avril.

Non seulement la consommation énergétique mondiale s’envole, mais la quantité de dioxyde de carbone émise pour chaque unité énergétique produite n’a baissé que de 1 % en moyenne depuis vingt-trois ans, à cause principalement de l’essor continu du très polluant charbon.

Le rapport, intitulé “Identifier les progrès de l’énergie propre”, “démontre que pour la majorité des technologies économisant l’énergie et réduisant les émissions de CO2, la lenteur des progrès est alarmante”, selon l’agence basée à Paris.

“La quête d’un système énergétique mondial propre est tombée en panne”, déplore la directrice de l’AIE, Maria van der Hoeven, citée dans le rapport. “Malgré les discours des dirigeants mondiaux, et malgré le boom des énergies renouvelables lors de la dernière décennie, l’unité moyenne d’énergie produite aujourd’hui est, en gros, aussi sale qu’il y a vingt ans”, constate-t-elle.

LA DOMINATION CONTINUE DES COMBUSTIBLES FOSSILES”

Pire, le rythme ralentit : entre 1971 et 1990, “l’indice de l’intensité carbone du secteur de l’énergie” de l’agence internationale avait reculé de 6 %. Mais depuis, il stagne, “malgré les engagements politiques de la conférence de Rio de 1992 et du protocole de Kyoto en 1997, ainsi que du boom des technologies renouvelables depuis une décennie”.

Cette situation “reflète la domination continue des combustibles fossiles – notamment le charbon – dans le bouquet énergétique et la lenteur de la montée des technologies moins carbonées”, souligne l’AIE. En décembre 2012, l’agence avait indiqué, dans un rapport, que le charbon, énergie de masse qui produit le plus de gaz à effet de serre, talonnerait le pétrole comme première source d’énergie mondiale dans cinq ans, et devrait le dépasser d’ici à dix ans. L’Inde, et surtout la Chine, expliquent en grande partie ce phénomène, mais même l’Europe peine, selon l’AIE, à se priver de charbon malgré les inquiétudes environnementales.

Conséquence : le monde n’est pas en passe d’atteindre les objectifs intermédiaires fixés pour 2020 du scénario visant à limiter le réchauffement à 2 degrés en 2100, estime l’agence. Pour éviter que le réchauffement planétaire ne dépasse cette limite, il faudrait que l’indice de l’agence baisse de 5,7 % d’ici à 2020 et de 64 % d’ici à 2050. Environ 60 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde sont liés au CO2 de l’énergie.

LES INVESTISSEMENTS DANS LES ÉNERGIES VERTES S’EFFONDRENT

Le rapport de l’AIE est publié alors que les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique sont tombés au plus bas depuis quatre ans au premier trimestre 2013, avec une baisse de 22 % sur un an, selon une étude publiée par Bloomberg New Energy Finance (BNEF).

Au premier trimestre, ces investissements ont reculé à 40,6 milliards de dollars, soit un niveau “inférieur à tout autre trimestre au cours des quatre dernières années”, selon BNEF. Le déclin – de 38% par rapport au dernier trimestre 2012 – “reflète les effets de l’incertitude politique dans les gros marchés de l’énergie propre, comme les Etats-Unis ou l’Allemagne, et une stagnation des financements dans des marchés relativement actifs, comme la Chine et le Brésil”, explique la société d’information spécialisée.

“Pour que les investissements en énergies propres jouent leur rôle pour contenir la croissance des émissions mondiales, nous devrions voir le niveau d’investissement doubler d’ici à 2020, et non pas baisser”, souligne Michael Liebreich, le dirigeant de BNEF.

Le Monde

Merci à V. Duruy

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