Daniel Cohn-Bendit, député européen Vert, «décrypte» dans le JDD les causes de la crise politique italienne, la montée des populismes et montre du doigt Angela Merkel. «Il faut tirer la sonnette d’alarme» estime-t-il
Imaginons, je dis bien imaginons –nous avons tous des rêves morbides –, Mme Le Pen présidente. Que fait-elle au sujet de la viande de cheval et de Spanghero? Que fait-elle pour sauver Peugeot? Oblige-t-elle les Français à rouler français ?
La montée des populismes en Europe serait donc due au rejet de l’Europe ?
Les sociétés en crise ne voient pas la valeur ajoutée de l’Europe mais au contraire pointent sa responsabilité dans la dégradation économique de leur pays. Ce qui n’est pas exact, la réalité est bien plus complexe mais l’Europe ne sait pas offrir autre chose. Cela dit, trouvez-vous que la Grande-Bretagne, qui n’a pas adopté l’euro, se porte bien? En Suède, autre pays qui a conservé sa devise, l’écart entre les riches et les pauvres ne fait qu’augmenter. La seule réponse des autorités, c’est le renforcement des inégalités et des injustices sociales. Une politique dont on voit la traduction dans les urnes.
Marine Le Pen estime que le résultat des élections italiennes est «assez enthousiasmant pour les élections européennes»…
Oui, c’est un vrai danger. On risque d’avoir au Parlement européen une majorité d’eurosceptiques. La crise, l’immigration non légale, les Roms, les scandales alimentaires… «Tout est de la faute de l’Europe», entend-on dire. Mais ce sont les gouvernements nationaux qui ont refusé une plus grande traçabilité des produits alimentaires… […]
Le JDD





